Le gouvernement tchadien a annoncé, lundi, la fermeture totale de sa frontière avec le Soudan, invoquant la multiplication des incursions armées et la mort récente de soldats tchadiens. La décision, prise par les autorités de transition à N’Djamena, suspend jusqu’à nouvel ordre la circulation des personnes et des biens le long des limites territoriales entre les deux pays.
L’annonce a été faite par le ministre de la Communication, Mahamat Gassim Chérif, qui a précisé que cette mesure faisait suite à plusieurs violations du territoire tchadien attribuées aux parties engagées dans le conflit soudanais. « Le Tchad se réserve le droit de riposter contre toute agression », indique le communiqué officiel, traduisant un net durcissement du ton de N’Djamena.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions sécuritaires croissantes. En janvier dernier, sept soldats tchadiens ont été tués lors d’un affrontement avec des paramilitaires soudanais près de la frontière. Les autorités redoutent une extension du conflit sur leur sol et cherchent à empêcher toute infiltration de groupes armés.
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (RSF). Les combats ont provoqué des dizaines de milliers de morts et entraîné le déplacement de millions de civils à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
Malgré la fermeture de la frontière, le gouvernement tchadien a prévu des « dérogations exceptionnelles » pour des raisons humanitaires. Le Tchad accueille déjà près d’un million de réfugiés soudanais, sur les quelque 12 millions de personnes déplacées par le conflit, selon les estimations internationales.
En verrouillant ses frontières tout en maintenant un couloir humanitaire, N’Djamena tente ainsi de préserver sa stabilité interne face à une crise régionale qui menace désormais l’équilibre sécuritaire de toute la zone sahélienne.

