En marge d’un nouveau débat du Parlement européen sur la situation sécuritaire et humanitaire en République démocratique du Congo, l’eurodéputé français Thierry Mariani a vivement critiqué l’inaction et l’hypocrisie des institutions européennes, qu’il accuse de tenir un double discours face au rôle du Rwanda dans l’instabilité de l’Est congolais.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, enregistrée ce mercredi 11 février 2026 devant le Parlement européen à Strasbourg, l’élu s’est exprimé alors que se tenait une nouvelle session parlementaire consacrée à la RDC. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un enchaînement de débats sans effets concrets, parlant d’une véritable “comédie” politique.
Pour illustrer ses propos, Thierry Mariani a repris le refrain de Dalida, « Paroles, paroles, paroles », estimant que ce quatrième débat en un an sur les violences dans l’Est de la RDC n’a débouché sur aucune action réelle. Il accuse l’Union européenne de prétendre soutenir Kinshasa tout en laissant, selon lui, “carte blanche” au président rwandais Paul Kagame.
Selon le député, cette diplomatie du verbe serait non seulement inefficace, mais aussi contre-productive, car elle offrirait au Rwanda un répit diplomatique alors que la situation sécuritaire et humanitaire reste dramatique sur le terrain.
Évoquant trois décennies de massacres, de pillages et de violences sexuelles dans l’Est de la RDC, Thierry Mariani pointe le régime de Kigali comme responsable majeur de l’instabilité. Il rappelle qu’un an après une résolution du Parlement européen appelant à des sanctions contre des responsables rwandais, la Commission européenne n’a pris aucune mesure significative.
« Pour masquer son inaction, la Commission s’est contentée de sanctionner quelques chefs de guerre locaux. Bref, on a puni des lampistes », a-t-il déclaré.
L’eurodéputé établit une comparaison directe avec la guerre en Ukraine, soulignant que l’Union européenne est capable de prendre des mesures fortes (gel d’avoirs, interdictions de visas, suspension de partenariats) lorsqu’elle le souhaite politiquement. Il s’est particulièrement indigné du maintien de l’accord signé en 2024 entre l’UE et le Rwanda sur les matières premières critiques, alors que de nombreux rapports internationaux affirment que ces minerais proviennent du pillage des ressources congolaises.
Allant plus loin, Thierry Mariani a même évoqué l’hypothèse d’un scandale de corruption, s’interrogeant publiquement.
« Faudra-t-il découvrir un jour un “Rwanda Gate”, comme on a découvert le scandale du “Qatar Gate” ? »
Pour l’élu, la crédibilité de l’Union européenne se joue désormais dans sa capacité à imposer des “sanctions dures et efficaces” contre Paul Kagame et son entourage. Il a conclu en appelant au respect de la souveraineté et de la dignité du peuple congolais, affirmant que le temps des discours est révolu.

