Le Rwanda a récemment suggéré aux Banyamulenge de quitter la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, en même temps que les forces rwandaises présentes, provoquant une vive réaction de la communauté congolaise. Selon Jean Scohier Muhamiriza, président de la Mutualité des Banyamulenge à Bukavu, cette démarche serait perçue comme une tentative de mettre fin à l’existence de cette communauté sur le territoire congolais.
Dans un communiqué daté du 18 janvier 2026, Muhamiriza dénonce l’action de « émissaires venus de Kigali » qui auraient exhorté les Banyamulenge à évacuer Uvira, au prétexte d’un risque de massacres par les forces locales, appelées Wazalendo.
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« Mais c’est oublier que l’occupation de la ville par l’agresseur les y avait trouvés en chair et en os », souligne le communiqué. Selon lui, l’objectif de cette démarche est de montrer au monde que la survie des Banyamulenge en RDC dépendrait uniquement du soutien rwandais.
Le président de la Mutualité rappelle que les Banyamulenge ne sont pas seulement présents à Uvira, mais partout en RDC, notamment à Kinshasa, Lubumbashi, Kamina, Kolwezi, dans les deux Kasaï, à l’Équateur et à Bunia. Proposer aux Banyamulenge de partir avec l’envahisseur serait donc un moyen d’imposer un départ forcé, ou au contraire, de préparer un retour encadré par les mêmes forces étrangères.
Selon Muhamiriza, ce projet de déportation n’est pas nouveau. Il remonterait à la réunion de Butare en décembre 1996, et se poursuivrait trente ans plus tard sous différentes formes. Le communiqué cite également les propos d’anciens et actuels dirigeants rwandais, dont Paul Kagame et l’ancien président Pasteur Bizimungu, rappelant que la question des terres des Banyamulenge serait au cœur de ces stratégies.
Jean Scohier Muhamiriza appelle le gouvernement congolais et la communauté internationale à protéger les Banyamulenge à Uvira, pour éviter que l’ennemi n’ait de justification à ses alibis habituels. Il souligne que certains Banyamulenge pourraient quitter la ville, mais que tous ne partiront pas, et insiste sur la nécessité de garantir leur sécurité et la protection de leurs biens.
Freddy Ruvunangiza

