Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) tire la sonnette d’alarme face aux atrocités commises à El Fasher, dans le Nord-Darfour, lors de la prise de la ville par les paramilitaires. Dans un rapport publié ce vendredi, l’organisation souligne que l’impunité persistante aggrave une crise humanitaire déjà sans précédent et pourrait marquer un tournant irréversible dans le conflit qui déchire le Soudan depuis 2023.
Le 26 octobre 2025, El Fasher, dernier bastion de l’armée régulière au Nord-Darfour, est tombée aux mains des Forces de soutien rapide (RSF). Selon des témoignages d’organisations locales et internationales, l’assaut final a été marqué par des exécutions sommaires et des massacres de civils, perpétrés par les forces du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », et ses milices arabes alliées.
Le Haut-Commissaire Volker Türk a dénoncé des « violations indiscriminées », soulignant que l’absence de sanctions internationales encourage la répétition de ces cycles de violence.
Le chef des RSF, Mohamed Hamdan Dagalo, a reconnu le 29 octobre l’existence de « débordements » au sein de ses troupes et annoncé la création de commissions d’enquête internes. Cependant, aucun résultat n’a été publié à ce jour, laissant les victimes dans l’incertitude quant à l’accès à la justice.
La guerre ne se limite plus au Darfour. Les trois États du Kordofan (Nord, Ouest et Sud) connaissent désormais des affrontements violents entre l’armée et les RSF, provoquant le déplacement de dizaines de milliers de civils.
Depuis le début des hostilités en avril 2023, le conflit a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et près de 13 millions de déplacés, constituant l’une des crises migratoires les plus graves au monde.
Alors que les lignes de front se figent, les observateurs redoutent une partition définitive du Soudan, où la loi des armes supplante désormais toute forme de gouvernance.

