Une coalition réunissant la Türkiye, la Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et dix-huit autres pays a dénoncé l’accélération jugée « illégale » de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée.
Dans un communiqué publié lundi, les ministres des Affaires étrangères de ce bloc diplomatique (qui inclut notamment la France et l’Arabie saoudite) accusent le gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou de mettre en œuvre une stratégie de transformation radicale du territoire palestinien.
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Les signataires qualifient les décisions israéliennes de « violation flagrante du droit international », en s’appuyant sur les résolutions de l’ONU ainsi que sur l’avis consultatif rendu en 2024 par la Cour internationale de Justice. Ils exigent un gel immédiat des projets d’expansion des colonies.
Au cœur des préoccupations figure le projet dit « E1 », présenté comme un verrou géographique stratégique entre le nord et le sud de la Cisjordanie. Selon la coalition, sa mise en œuvre compromettrait définitivement la continuité territoriale nécessaire à la création d’un État palestinien viable.
Au-delà de la construction de logements, les ministres dénoncent une modification progressive du statut juridique et administratif du territoire, assimilée à une annexion de facto. Ils alertent sur un « point de non-retour » susceptible d’enterrer définitivement la solution à deux États, basée sur les frontières du 4 juin 1967.
La coalition a également exprimé sa préoccupation face à la recrudescence des violences de colons contre des civils palestiniens, demandant que les responsables soient traduits en justice.
Un avertissement particulier concerne le maintien du statu quo à Jérusalem-Est, notamment durant la période sensible du Ramadan.
Le groupe exige par ailleurs la libération des recettes fiscales dues à l’Autorité palestinienne, retenues par Israël en violation du Protocole de Paris de 1994, estimant que cette situation met en péril les services publics de base à Gaza et en Cisjordanie.
Réaffirmant son rejet de toute annexion et de tout déplacement forcé de population, la coalition estime que la stabilité du Moyen-Orient dépend exclusivement de la création d’un État palestinien indépendant vivant aux côtés d’Israël.
Ce front diplomatique marque ainsi une pression internationale coordonnée accrue sur l’exécutif israélien.

