Le gouvernement camerounais a annoncé que le décès en détention de l’opposant Anicet Ekane, leader du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance du Cameroun (Manidem), est d’origine naturelle. Cette disparition survient dans un contexte politique tendu, marqué par la réélection contestée du président Paul Biya.
Dans un communiqué du ministère de la Défense, lu mardi à la radio publique, les autorités indiquent qu’un rapport médico-légal a conclu à une mort « d’origine naturelle ». Selon ce document, l’examen du corps de l’opposant, âgé de 74 ans, ne révèle « aucune lésion traumatique ». Les autorités militaires évoquent de « graves pathologies » préexistantes et un état de santé déjà fragile.
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Figure historique de la gauche camerounaise, Anicet Ekane avait été interpellé à Douala le 24 octobre, à la veille de la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Ce scrutin a reconduit Paul Biya pour un huitième mandat de sept ans, un résultat vivement contesté par une partie de l’opposition.
Le gouvernement justifie l’arrestation de l’opposant par des accusations de « fomentation de manifestations ». Anicet Ekane s’était rallié à la position de Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre passé dans l’opposition, qui revendiquait la victoire et appelait ses partisans à descendre dans la rue.
Lundi, la télévision d’État a confirmé que la dépouille d’Anicet Ekane avait été remise à sa famille.
Malgré les conclusions de l’autopsie officielle, la mort en détention de cette figure de l’opposition, survenue peu après une élection contestée, risque d’exacerber les tensions entre le régime de Yaoundé et les mouvements pro-démocratie, qui réclament plus de transparence sur les circonstances exactes de son décès.

