La crise politique s’intensifie en Somalie. Les autorités de l’État du Sud-Ouest ont annoncé, jeudi, la suspension immédiate de tous les vols commerciaux et privés, marquant une nouvelle étape dans leur bras de fer avec le gouvernement fédéral basé à Mogadiscio.
Dans un communiqué du ministère régional des Transports et de l’Aviation civile, cette décision est officiellement justifiée par la nécessité de « garantir la sécurité des civils et maintenir des opérations ordonnées ». Mais derrière cet argument sécuritaire, cette fermeture de l’espace aérien apparaît comme un levier politique dans un contexte de rupture ouverte avec le pouvoir central.
Lire aussi : Somalie – Arabie saoudite : un pacte militaire stratégique pour sécuriser la mer Rouge
Seuls les appareils des Nations unies et de l’Union africaine sont autorisés à opérer dans la région, sous des conditions strictes. Les autorités locales précisent par ailleurs que tout transport de responsables politiques est désormais soumis à une autorisation préalable, renforçant ainsi le contrôle administratif et politique des flux aériens.
Cette décision intervient à peine 24 heures après l’annonce officielle de la rupture des relations entre l’État du Sud-Ouest et le gouvernement fédéral somalien. Le président régional, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen, accuse Mogadiscio d’ingérence directe dans les affaires locales, notamment par un soutien présumé à des groupes d’opposition.
La crise dépasse largement le seul État du Sud-Ouest. D’autres entités fédérées, comme Jubaland et Puntland, s’opposent également aux réformes constitutionnelles récemment adoptées par le Parlement national.
Ces réformes sont perçues par plusieurs administrations régionales comme une tentative de recentralisation du pouvoir, remettant en cause l’équilibre fédéral fragile sur lequel repose la Somalie depuis des années.
Ce durcissement des positions fait craindre une aggravation des tensions institutionnelles, voire une fragmentation politique accrue du pays. Dans un contexte déjà marqué par l’insécurité chronique et la menace persistante des groupes armés, cette crise entre Somalie et ses entités fédérées pourrait fragiliser davantage la stabilité nationale.
