La Confédération des États du Sahel a exprimé, jeudi 20 mars 2026, sa vive indignation à la suite de l’adoption par le Parlement européen d’une résolution exigeant la libération immédiate de l’ex-président nigérien Mohamed Bazoum.
Dans un communiqué, l’AES a qualifié cette démarche d’ingérence flagrante dans les affaires intérieures du Niger et a dénoncé ce qu’elle considère comme une politique européenne « à deux vitesses », qui passe sous silence la crise sécuritaire sahélienne au profit d’intérêts géostratégiques hérités de l’ère coloniale.
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Le communiqué, signé par le président de la Confédération, Ibrahim Traoré, également chef de l’État du Burkina Faso, condamne une manœuvre jugée « concertée et délibérée ».
Selon l’AES, la résolution votée le 12 mars dernier illustre une approche « sélective et malveillante » de la part des eurodéputés.
L’organisation reproche au Parlement européen son mutisme face aux violations du droit international et à l’escalade de la violence terroriste qui frappe quotidiennement les populations civiles du Sahel. Elle qualifie sa focalisation exclusive sur le sort de Mohamed Bazoum de « paternalisme rétrograde », symptomatique d’une nostalgie persistante pour le passé colonial.
L’AES insiste sur le fait qu’elle ne compte recevoir « ni injonctions ni leçons de gouvernance » de partenaires extérieurs et invite les acteurs européens à se concentrer sur la résolution de leurs propres crises sociétales. Elle réaffirme ainsi son autonomie politique et souligne que l’initiative européenne est en décalage avec les transformations politiques et économiques en cours dans l’espace sahélien.
Cette prise de position ferme envoie un signal clair : aucune pression internationale ne semble en mesure de modifier la trajectoire souverainiste adoptée par la Confédération des États du Sahel.
