Les autorités de la Guinée ont confirmé, mercredi, le décès en détention de Aboubacar Diakité, ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara et figure centrale du massacre du 28 septembre 2009.
Selon un communiqué de l’administration pénitentiaire, il est décédé le 25 mars 2026 à 4 heures 35, des suites de complications médicales, alors qu’il purgeait sa peine à Conakry.
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Le document officiel évoque un tableau clinique grave, caractérisé par une hernie de la ligne blanche étranglée, compliquée d’une péritonite aiguë généralisée.
Victime d’un malaise dans la nuit du 23 mars à la maison d’arrêt de Coyah, Aboubacar Diakité avait été transféré en urgence à l’hôpital militaire du camp Samory Touré pour une prise en charge spécialisée, qui n’a finalement pas permis de le sauver.
Le nom de Aboubacar Diakité reste étroitement lié à l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire récente de la Guinée : le Massacre du 28 septembre 2009.
À l’époque, la répression d’une manifestation de l’opposition au stade de Conakry avait fait des centaines de victimes. Officier influent du régime militaire issu du coup d’État de 2008, il commandait alors la garde présidentielle.
Quelques mois plus tard, le 3 décembre 2009, une rupture violente survient : il ouvre le feu sur Moussa Dadis Camara avant de prendre la fuite. Sa cavale durera près de sept ans, jusqu’à son arrestation au Sénégal en décembre 2016, suivie de son extradition vers la Guinée en mars 2017.
En juillet 2024, à l’issue d’un procès très médiatisé, Aboubacar Diakité est reconnu coupable de crimes contre l’humanité et condamné à 10 ans de prison ferme.
Malgré son incarcération, il avait tenté de se repositionner sur la scène politique, en créant le Parti pour la Renaissance et le Travail (PRT), avec l’ambition de se présenter à l’élection présidentielle de décembre 2025. Une candidature finalement rejetée par les autorités électorales.
Le décès de Aboubacar Diakité met un terme à un parcours marqué par la violence politique, l’exil et un long face-à-face avec la justice.
Une disparition qui intervient alors que la mémoire du massacre du 28 septembre 2009 continue de peser sur la vie politique et judiciaire guinéenne.
