Le président rwandais Paul Kagame a affirmé, dans une interview accordée à Jeune Afrique, qu’il ne lèverait pas les mesures de défense déployées le long de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), malgré les pressions des Nations Unies et des États-Unis. Ces mesures, déployées pour, affirme-t-il, protéger le Rwanda des menaces provenant de l’Est congolais, restent selon lui indispensables tant que la situation sécuritaire persiste.
Selon Kagame, les « mesures défensives » incluent le déploiement de troupes, l’usage de matériel militaire et le maintien de positions jusqu’à 20 kilomètres à l’intérieur du territoire congolais si nécessaire.
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« Si je défends ma frontière et qu’il faut pour cela traiter la menace à 5, 10 ou 20 kilomètres au-delà, cela reste une mesure défensive », a-t-il déclaré. Pour le président rwandais, ces actions visent uniquement à protéger Kigali contre les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), qu’il accuse de recevoir le soutien du gouvernement congolais.
« N’attendez pas de moi que je lève nos mesures de défense alors que vous laissez Félix Tshisekedi faire ce qu’il veut. »
Le 2 mars 2026, l’administration américaine avait imposé des sanctions contre les Forces de défense rwandaises et quatre de leurs généraux pour leur soutien présumé au M23.
Kagame a dénoncé ces sanctions comme injustes et partiales, les qualifiant de « blâme infligé aux victimes » plutôt que de mesures adaptées contre les responsables de la crise. Il reproche également aux accords de Washington, signés en décembre 2025, d’être partiellement appliqués par la RDC.
Le président rwandais a affirmé que la présence de l’AFC-M23 dans certaines zones de l’Est de la RDC contribue à sécuriser la frontière rwandaise.
Il affirme que la situation à Goma et Bukavu est meilleure depuis l’arrivée du M23, et relativise les accusations de violations des droits humains formulées contre ce mouvement. Pour Kagame, l’important est que les zones administrées par le M23 ne représentent pas un danger pour le Rwanda.
Kagame critique ce qu’il considère comme une approche sélective des puissances occidentales vis-à-vis du conflit dans l’Est de la RDC. Il appelle à un traitement équilibré entre la RDC et le Rwanda et insiste sur le rôle de l’Afrique dans la résolution de ses propres crises, dénonçant une dépendance excessive vis-à-vis des médiations extérieures.
Au-delà de la RDC, Kagame évoque la participation du Rwanda à des missions internationales au Mozambique, en Centrafrique et au Soudan du Sud, précisant que ses troupes ne resteront que là où leur présence est souhaitée et nécessaire. Il affirme enfin sa détermination à sécuriser les frontières rwandaises et à protéger son pays par tous les moyens.
