Alors que l’art est reconnu comme un puissant vecteur de paix, de cohésion sociale et de guérison collective, ses acteurs peinent à survivre dans un contexte marqué par la crise économique et l’instabilité. Privés de public, de financements et d’espaces d’expression, de nombreux artistes continuent néanmoins de créer, portés par la conviction que leurs œuvres restent essentielles pour apaiser, sensibiliser et rassembler une population en quête d’espoir. C’est l’un des constats dressés à l’occasion de la Journée mondiale de l’art.
Célébrée chaque 15 avril, cette journée met à l’honneur, pour l’édition 2026, le thème : « Un jardin d’expression : cultiver la communauté par l’art ». Ce dernier met en lumière l’art comme un écosystème vivant, capable de renforcer le lien social, la diversité culturelle et l’humanité commune.
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Pour un opérateur culturel et coordonnateur de l’organisation 3Tamis, le contexte de crise accentue les difficultés déjà existantes dans le secteur artistique. L’un des principaux défis reste l’absence du public, pourtant au cœur de toute activité culturelle. Faute de moyens financiers, ce public accède de moins en moins aux loisirs artistiques.
Entre la réduction des projections de cinéma populaire, la rareté des concerts et l’inaccessibilité des espaces de divertissement comme les karaokés, l’offre culturelle se retrouve fortement limitée. Conséquence directe : les artistes peinent à diffuser leurs œuvres et à assurer leur rôle social, celui de divertir, sensibiliser et contribuer au bien-être collectif.
« La crise économique, lorsqu’elle affecte le public, impacte directement les artistes qui dépendent de ses revenus. Aujourd’hui, le défi majeur reste la stabilité intellectuelle et morale. Il est difficile de créer lorsque l’on est constamment confronté au stress et à l’incertitude », explique-t-il, évoquant également un problème de stabilité socio-culturelle et psycho-culturelle.
De son côté, Emile Centwali, jeune peintre et dessinateur basé à Bukavu, témoigne des répercussions directes de cette crise sur son activité. La baisse de la demande a entraîné une diminution significative de sa production, poussant certains membres de son équipe à se reconvertir pour subvenir à leurs besoins.
Malgré ces difficultés, il affirme sa volonté de rester résilient et de poursuivre sa démarche artistique, convaincu que l’art demeure un outil essentiel de communication et d’espoir.
« Je considère l’art comme un outil de communication. À travers mes œuvres, je cherche à nourrir l’espoir, à transmettre des messages forts et à encourager la résilience. L’art contribue à la cohésion sociale et à la promotion de la paix », souligne-t-il.
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Pour rappel, l’UNESCO a institué la Journée mondiale de l’art en 2019 afin de promouvoir la création, la diffusion et l’accès à l’art à l’échelle mondiale. Cette date, choisie en hommage à Léonard de Vinci, célèbre la créativité et vise à renforcer les liens entre les artistes et la société.
Au-delà de la célébration, cette journée rappelle que l’art constitue un levier essentiel de bien-être, de cohésion sociale et de dialogue interculturel, particulièrement crucial dans des contextes fragilisés comme celui de la République démocratique du Congo.
