La Commission diocésaine Justice et Paix de Bukavu (CDJP) a récompensé, lundi 3 août 2026, les lauréats d’un concours de dessin organisé dans le groupement de Karhongo, en territoire de Nyangezi, au Sud-Kivu. Soutenue par ONU Femmes RDC, cette initiative visait à sensibiliser les élèves aux valeurs de paix, de cohésion sociale, de vivre-ensemble et de communication non violente, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes et des divisions communautaires.
L’activité a réuni une cinquantaine d’élèves issus de cinq écoles du groupement de Karhongo. À travers leurs dessins, les participants étaient invités à exprimer leur vision de la paix, de la solidarité et de la cohabitation pacifique, tout en proposant des messages favorisant le dialogue et la prévention des conflits.
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Pour les organisateurs, ce concours allait bien au-delà d’une simple activité artistique. Il constituait un véritable outil d’éducation à la paix et de transformation sociale, destiné à faire des jeunes des acteurs du changement au sein de leurs écoles et de leurs communautés.
Selon la Commission diocésaine Justice et Paix, cette initiative répond à une réalité préoccupante dans l’est de la République démocratique du Congo, où les conflits armés, les violences communautaires et les discours de haine affectent durablement les populations. Les jeunes, souvent exposés à ces tensions, peuvent en être à la fois les premières victimes et, parfois, les relais involontaires. D’où la nécessité d’investir dans des approches éducatives préventives dès le plus jeune âge.

« En offrant aux élèves un espace d’expression créative, il est possible de canaliser leurs émotions, de stimuler leur réflexion et de les engager activement dans la construction d’un avenir apaisé », a expliqué la Commission diocésaine Justice et Paix.
Au cours de cette rencontre, les élèves ont participé à des échanges portant sur cinq thématiques principales : la cohésion sociale, le vivre-ensemble, la communication non violente, la prévention des conflits ainsi que la lutte contre les violences basées sur le genre. Les organisateurs estiment que ces apprentissages permettront aux enfants d’adopter des comportements favorisant le dialogue, la tolérance et le respect mutuel.
« Nous attendons que ces élèves deviennent des vecteurs et des ambassadeurs de la paix dans leurs écoles, leurs familles et leurs communautés. Ils doivent sensibiliser leurs camarades sur le vivre-ensemble, la cohésion sociale, la résolution pacifique des conflits ainsi que la lutte contre les violences basées sur le genre. Les enfants qui grandissent sans comprendre que la violence est une mauvaise chose risquent de reproduire ces comportements une fois adultes », a indiqué un responsable de la CDJP.
À l’issue de l’exposition des œuvres et de l’évaluation du jury, cinq dessins ont été distingués. Busime Christine a remporté la première place grâce à une illustration mettant en valeur la force du vivre-ensemble et les bénéfices de la solidarité.
Ntwali Mululunganya s’est classé deuxième avec une œuvre représentant une communauté vivant dans la cohésion sociale. Chimanuka Nkungiri est arrivé troisième, devant Binja Cubaka et Yagirwa Bazhashishwa, respectivement quatrième et cinquième.
Les lauréats ont pris l’engagement de poursuivre la sensibilisation dans leurs milieux de vie.
« Après ce concours, je m’engage à être un messager de paix dans ma communauté, surtout dans mon école. En tant que jeune, je chercherai toujours à promouvoir l’harmonie et l’entraide entre nous. Je souhaite également approfondir mes connaissances en dessin afin de continuer à transmettre des messages de paix », a déclaré Busime Christine.
Pour sa part, Ntwali Mululunganya a expliqué que son dessin démontrait que les différences physiques, ethniques ou religieuses ne doivent jamais constituer un obstacle à la cohabitation pacifique.
« Malgré nos différences, nous pouvons vivre ensemble dans la cohésion. Je m’engage à sensibiliser les autres élèves, les plus jeunes ainsi que les parents sur l’importance du vivre-ensemble afin de lutter contre les discours de haine. Cette activité nous a permis d’apprendre beaucoup de choses », a-t-il affirmé.
À travers cette initiative, la Commission diocésaine Justice et Paix de Bukavu réaffirme son engagement à promouvoir une culture durable de paix, à renforcer la résilience des communautés et à faire des jeunes de véritables artisans du dialogue, de la cohésion sociale et de la prévention des violences dans leurs écoles et leurs communautés.
