L’Hôpital général de référence de Kamituga, dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu, lance un appel urgent à l’aide après la destruction d’une partie de ses infrastructures sanitaires par un violent ouragan. La maternité, le service de Protection maternelle et infantile (PMI) ainsi que la néonatalogie ont été gravement endommagés dans la nuit du 23 au 24 juillet 2026, contraignant l’établissement à évacuer en urgence des femmes enceintes, des accouchées et des nouveau-nés.
Dans une lettre d’information et d’appel urgent à l’aide datée du 24 juillet 2026, la direction de l’Hôpital général de référence de Kamituga décrit une situation sanitaire préoccupante et sollicite une mobilisation urgente pour réhabiliter les services sinistrés.
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Selon cette correspondance signée par le médecin directeur de l’hôpital, le Dr Mukobelwa Lukala Darock, un violent ouragan s’est abattu sur la ville de Kamituga, emportant notamment les tôles et détruisant les charpentes de trois services essentiels de l’établissement : la maternité, le service de PMI et la néonatalogie.
Des informations publiées après les intempéries de juillet avaient également fait état d’importants dégâts provoqués par de violentes pluies dans la ville de Kamituga, y compris dans certains bâtiments de l’Hôpital général de référence.
Des femmes enceintes et des nouveau-nés évacués en urgence
Au moment du sinistre, les bâtiments touchés accueillaient des femmes enceintes en travail, des accouchées ainsi que des nouveau-nés, dont certains prématurés nécessitant une prise en charge particulière.
Face à la violence des intempéries et à l’effondrement des infrastructures, le personnel soignant a procédé à une évacuation d’urgence des patients.
« Par la grâce divine et le courage exemplaire du personnel soignant, une évacuation d’urgence a été menée. Heureusement, il n’y a pas eu de perte en vie humaine », indique la direction de l’Hôpital général de référence de Kamituga.
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Si aucune victime humaine n’a été enregistrée, les conséquences matérielles et sanitaires de cette catastrophe restent considérables.
La destruction des trois services a privé l’hôpital d’espaces essentiels à la prise en charge des femmes enceintes, des accouchées et des nouveau-nés.
Des patientes contraintes d’être accueillies dans des conditions précaires
Depuis le sinistre, les services de maternité et de néonatalogie ne disposent plus de locaux adaptés pour assurer normalement leurs activités.
La direction de l’hôpital affirme que certaines femmes enceintes sont contraintes de rester dans des conditions précaires, tandis que des accouchées et leurs nouveau-nés ont été déplacés vers des salles initialement destinées à d’autres services médicaux.
Selon l’alerte lancée par l’établissement, les patientes et leurs enfants sont notamment accueillis dans des espaces de médecine générale qui ne sont pas adaptés à la maternité et aux soins néonataux.
L’hôpital évoque des problèmes d’intimité, d’hygiène et de stabilité de l’alimentation électrique, pourtant indispensable à certains soins.
« Aujourd’hui, nos mères et nos enfants n’ont plus d’abri digne », alerte la direction de l’établissement.
Cette situation est particulièrement préoccupante pour les nouveau-nés et les enfants prématurés, qui nécessitent des conditions spécifiques de prise en charge afin d’éviter notamment les risques liés au froid et à l’hypothermie.
Du matériel médical détruit ou exposé aux intempéries
Au-delà des bâtiments, le violent ouragan aurait également affecté une partie importante des équipements utilisés dans les services touchés.
La direction de l’HGR de Kamituga indique que plusieurs matériels de la PMI ont été détruits ou restent exposés à la pluie.
Il s’agit notamment de tables d’accouchement, de couveuses, d’aspirateurs, de vaccins ainsi que de registres destinés au suivi des enfants âgés de zéro à cinq ans.
La perte ou la dégradation de ces équipements risque d’affecter directement la continuité des soins maternels et néonataux ainsi que les activités de suivi sanitaire des enfants.
Pour la direction de l’hôpital, l’urgence consiste désormais à mettre rapidement les patients à l’abri et à réhabiliter les infrastructures afin de permettre une reprise normale des activités.
Des risques sanitaires pour plus de 150.000 personnes
L’Hôpital général de référence de Kamituga avertit que l’absence d’une intervention rapide pourrait avoir des conséquences graves sur la santé des populations.
Dans sa lettre, la direction évoque notamment les risques d’une augmentation des infections post-partum et de la mortalité néonatale.
L’interruption ou la perturbation des activités du Programme élargi de vaccination ainsi que du suivi des grossesses pourrait également affecter une population estimée à plus de 150.000 personnes dans la zone de santé de Kamituga, selon les chiffres avancés par l’hôpital.
L’établissement redoute également que la dégradation des conditions d’accueil pousse certaines femmes à éviter les structures sanitaires et à accoucher à domicile.
Une telle situation pourrait exposer davantage les femmes et les nouveau-nés à des complications, notamment en cas d’hémorragie ou d’autres urgences obstétricales.
« La peur va pousser des centaines de femmes à accoucher à domicile », prévient la direction de l’hôpital, qui redoute une aggravation des risques de mortalité maternelle et néonatale.
Un hôpital de référence fragilisé
L’Hôpital général de référence de Kamituga joue un rôle central dans la prise en charge sanitaire de la population de la ville et de la zone de santé.
Pour sa direction, la destruction de plusieurs services essentiels risque de désorganiser l’ensemble du système de référence sanitaire local.
« Son effondrement paralyse toute la pyramide sanitaire », alerte l’établissement dans son appel à l’aide.
La catastrophe intervient dans un contexte où les infrastructures sanitaires constituent déjà un enjeu majeur pour l’accès aux soins dans plusieurs régions de l’Est de la RDC.
La nécessité de renforcer les capacités des maternités et des services hospitaliers reste particulièrement importante dans les zones confrontées aux crises humanitaires, aux déplacements de populations et à la fragilité des infrastructures sanitaires.
L’hôpital dit ne pas avoir les moyens de reconstruire seul
La direction de l’Hôpital général de référence de Kamituga reconnaît ne pas disposer des ressources financières et matérielles nécessaires pour assurer seule la réhabilitation rapide des trois services détruits.
Selon le Dr Mukobelwa Lukala Darock, le budget de fonctionnement de l’établissement permet difficilement de couvrir les besoins courants en intrants et ne permet pas de financer des travaux d’une telle ampleur.
L’hôpital affirme ainsi ne disposer ni des fonds, ni des matériaux, ni de la logistique nécessaires pour reconstruire rapidement des infrastructures aussi importantes que la maternité, la PMI et la néonatalogie.
La direction estime qu’une réparation provisoire réalisée avec des moyens de fortune pourrait également présenter des risques pour les patients et le personnel.
Elle appelle donc à une intervention structurée et urgente.
Plus de 133 millions de francs congolais nécessaires
Pour la réhabilitation des infrastructures sinistrées, l’Hôpital général de référence de Kamituga a établi une liste des besoins urgents et un devis estimatif.
Les travaux nécessitent notamment l’acquisition de bois et de matériaux de construction, dont des tôles, des triplex, des planches, des chevrons, des gouttières, des clous, de la peinture, des vitres, du ciment et du sable.
Selon le document établi par la direction de l’hôpital, le coût des matériaux est estimé à 116.085.000 francs congolais.
À cette somme s’ajoutent 11.608.500 francs congolais destinés à la main-d’œuvre ainsi que 5.804.250 francs congolais prévus pour les imprévus.
Le coût global des travaux de réhabilitation est ainsi évalué à 133.497.750 francs congolais.
Parmi les dépenses les plus importantes figurent notamment l’achat de 1.100 unités de bois désignées dans le devis comme « Driers », pour un coût de 27.500.000 francs congolais, ainsi que 520 tôles estimées à 31.200.000 francs congolais.
Le devis prévoit également des dépenses pour les matériaux de charpente, les plafonds, les gouttières, les vitres, la peinture et les travaux de maçonnerie.
Un appel à la solidarité pour reconstruire « le temple de la vie »
Face à l’ampleur des dégâts, la direction de l’Hôpital général de référence de Kamituga lance un appel aux autorités, aux partenaires humanitaires, aux organisations, aux personnes de bonne volonté et à toute personne susceptible d’apporter une contribution.
L’établissement affirme que chaque contribution pourrait participer à la reconstruction des services détruits.
« Une tôle, un sac de ciment, un soutien financier, des matériels de soins… Ensemble, reconstruisons le temple de la vie à Kamituga », peut-on lire dans l’appel.
La direction insiste sur l’urgence d’une mobilisation afin d’éviter que la catastrophe survenue dans la nuit du 23 au 24 juillet ne se transforme en une crise sanitaire plus grave.
« Ne laissons pas la nuit du 23 juillet devenir un symbole d’abandon », plaide l’hôpital.
L’établissement assure par ailleurs s’engager à garantir une gestion transparente de toute assistance qui lui sera accordée et se dit disponible pour accueillir toute mission d’évaluation des dégâts et des besoins.
Pour le Dr Mukobelwa Lukala Darock et son équipe, la réhabilitation rapide de la maternité, du service de PMI et de la néonatalogie ne constitue plus une simple question d’infrastructure.
Il s’agit, selon eux, d’une urgence sanitaire et humanitaire qui concerne directement la vie des femmes enceintes, des accouchées, des nouveau-nés et de l’ensemble des populations dépendant de l’Hôpital général de référence de Kamituga.
La direction de l’HGR de Kamituga espère désormais une mobilisation rapide afin que les services détruits puissent être réhabilités et que les femmes et les enfants retrouvent des conditions de prise en charge sûres et dignes.
