La République démocratique du Congo se classe à la 15e place sur 199 pays en matière d’accueil des visiteurs étrangers, alors que son passeport occupe seulement le 170e rang mondial. Deux indicateurs qui peuvent sembler contradictoires, mais qui mesurent en réalité deux dimensions très différentes de la mobilité internationale.
Le premier classement concerne les conditions d’entrée que la RDC accorde aux détenteurs de passeports étrangers. Le second évalue, à l’inverse, les possibilités offertes aux citoyens congolais pour voyager à travers le monde.
Selon les données publiées par Passport Reports, le passeport de la République démocratique du Congo affiche un Mobility Score de 52 et un taux d’accès mondial de 26,3 %.
Dans le détail, les détenteurs du passeport congolais peuvent accéder à 17 destinations sans visa, à 31 destinations avec visa à l’arrivée ou selon des procédures d’entrée simplifiées, ainsi qu’à 4 destinations nécessitant une autorisation électronique de voyage. En revanche, un visa préalable est exigé pour 146 destinations.
La RDC à la 47e place sur 54 pays africains
À l’échelle du continent africain, la République démocratique du Congo occupe la 47e place sur 54 pays dans le classement des passeports.
Les conditions d’accès varient toutefois considérablement selon les destinations.
Parmi les pays africains couverts par le rapport, 9 destinations sont accessibles sans visa, tandis que 17 proposent un visa à l’arrivée ou d’autres procédures simplifiées. Trois destinations sont classées dans la catégorie des autorisations électroniques, alors que 24 destinations exigent un visa préalable.
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Parmi les pays africains accessibles sans visa aux détenteurs du passeport congolais figurent notamment le Bénin, le Burundi, la Gambie, le Kenya, Maurice, le Rwanda, le Togo, l’Ouganda et le Zimbabwe.
Le rapport indique notamment une possibilité de séjour pouvant aller jusqu’à 180 jours au Kenya, tandis que plusieurs autres destinations de cette catégorie permettent des séjours allant jusqu’à 90 jours.
Dans la catégorie des visas à l’arrivée ou des procédures simplifiées figurent notamment les Comores, Djibouti, la Guinée équatoriale, l’Éthiopie, le Gabon, la Guinée, la Guinée-Bissau, Madagascar, le Malawi, la Mauritanie, le Mozambique, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, le Soudan du Sud, la Tanzanie et la Zambie.
La Côte d’Ivoire, le Ghana et les Seychelles sont, quant à eux, classés dans la catégorie des destinations nécessitant une autorisation électronique ou une formalité préalable particulière.
L’Europe entièrement soumise à l’obligation de visa
La situation est particulièrement restrictive pour les voyageurs congolais souhaitant se rendre en Europe. Selon le rapport, les 47 destinations européennes couvertes nécessitent toutes un visa préalable pour les détenteurs du passeport de la RDC.
La même situation est signalée pour les 17 destinations du Moyen-Orient, les six pays du Golfe et les cinq destinations d’Asie centrale inclus dans le classement.
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Les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada figurent également parmi les destinations pour lesquelles les citoyens congolais doivent obtenir un visa avant leur voyage. L’espace Schengen est soumis à la même obligation.
Des possibilités variables en Asie et dans d’autres régions
En Asie, le rapport couvre 50 destinations. Seules deux sont accessibles sans visa, huit relèvent de la catégorie du visa à l’arrivée ou des procédures simplifiées et une nécessite une autorisation électronique. Un visa préalable est exigé pour 39 destinations, soit 78 % des pays asiatiques couverts.
Les Philippines et Singapour figurent parmi les destinations accessibles sans visa.
Le Bangladesh, le Cambodge, Macao, la Malaisie, les Maldives, le Népal, le Timor-Leste et le Vietnam apparaissent dans la catégorie des procédures à l’arrivée ou simplifiées.
Le Sri Lanka est classé dans la catégorie des autorisations électroniques de voyage. Dans les autres régions du monde, les possibilités restent également limitées.
En Amérique du Nord, quatre destinations sont accessibles sans visa selon le rapport, tandis que 17 nécessitent un visa préalable.
Dans les Caraïbes, cinq destinations sont accessibles sans visa. En Océanie, une seule destination est classée sans visa, tandis que dix exigent un visa.
En Amérique du Sud, une destination est accessible sans visa, une autre relève d’une procédure simplifiée et dix nécessitent un visa préalable.
Une 15e place mondiale pour l’accueil des visiteurs
Le contraste est particulièrement important avec le classement consacré à l’accueil des visiteurs étrangers. Dans cet indicateur, la République démocratique du Congo occupe la 15e place sur 199 pays.
Ce classement ne mesure toutefois pas la puissance du passeport congolais. Il examine les conditions d’entrée appliquées par la RDC aux détenteurs de passeports étrangers.
Ainsi, la 15e place mondiale obtenue par la RDC en matière d’accueil des visiteurs et son 170e rang pour la mobilité de ses propres citoyens ne constituent pas deux résultats contradictoires.
Il s’agit de deux réalités différentes : la facilité avec laquelle les étrangers peuvent entrer en RDC et celle avec laquelle les Congolais peuvent voyager à l’étranger.
La RDC dernière parmi les pays francophones et semi-présidentiels du classement
Le rapport établit également plusieurs classements selon les regroupements linguistiques, politiques et internationaux. Parmi les pays ayant le français comme langue officielle, la RDC occupe la 29e place sur 29. Parmi les pays classés comme républiques semi-présidentielles, elle apparaît à la 16e place sur 16.
Dans les autres regroupements internationaux étudiés par le rapport, la RDC est classée :
- 153e sur 159 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce ;
- 47e sur 54 pays de l’Union africaine ;
- 115e sur 132 pays du G77.
Ces différents classements sont établis selon les catégories concernées et ne remplacent pas le classement mondial du passeport.
Une forte différence entre les conditions accordées aux étrangers et celles imposées aux Congolais
Le rapport relève également des différences importantes entre les conditions d’entrée appliquées dans les deux sens de déplacement.
Plusieurs pays permettent à leurs citoyens d’entrer en République démocratique du Congo sans visa, avec une autorisation électronique ou selon une procédure simplifiée, alors que les détenteurs du passeport congolais doivent obtenir un visa pour se rendre dans ces mêmes pays.
Le rapport cite notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Des formalités différentes derrière les catégories générales
Le rapport souligne par ailleurs que les catégories générales d’accès peuvent cacher des procédures différentes selon les pays.
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Certaines destinations classées dans la catégorie du visa à l’arrivée proposent également une possibilité d’eVisa. C’est notamment le cas du Cambodge, de Djibouti, de l’Éthiopie, du Gabon, de la Guinée, de Madagascar, du Malawi, de la Malaisie, de la Mauritanie, du Mozambique, du Népal, du Nigeria, de la Sierra Leone, du Soudan du Sud, du Vietnam et de la Zambie.
D’autres destinations imposent des formalités particulières. Singapour est notamment associé à une Arrival Card, le Suriname à une Tourist Card, la Côte d’Ivoire à une procédure de pré-enregistrement et les Seychelles à un enregistrement touristique.
Ces distinctions montrent que l’expression « sans visa » ou « procédure simplifiée » ne signifie pas nécessairement l’absence totale de formalités administratives avant ou pendant le voyage.
Un passeport congolais encore très limité
Au final, les données présentées par Passport Reports dressent le portrait d’une mobilité internationale contrastée pour la République démocratique du Congo.
Le pays apparaît comme relativement bien classé dans les conditions d’accueil des visiteurs étrangers, avec une 15e place sur 199 pays.
Mais la situation est beaucoup plus difficile pour les détenteurs du passeport congolais, classé 170e au niveau mondial et 47e sur 54 en Afrique.
Avec un Mobility Score de 52 et un accès mondial estimé à 26,3 %, les citoyens congolais disposent, selon le rapport, de 17 destinations sans visa, 31 destinations avec visa à l’arrivée ou procédures simplifiées, 4 destinations avec autorisation électronique, contre 146 destinations nécessitant un visa préalable.
Ces chiffres illustrent ainsi l’une des principales réalités de la mobilité internationale : un pays peut être relativement ouvert aux visiteurs étrangers tout en disposant d’un passeport offrant peu de possibilités de déplacement à ses propres citoyens.
