À Bamako, des femmes, des militantes féministes et des organisations de défense des droits des femmes se mobilisent pour dénoncer les mutilations génitales féminines et réclamer l’adoption d’une loi spécifique criminalisant l’excision au Mali.
Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par la diffusion sur les réseaux sociaux d’une campagne intitulée « Oui à l’excision », présentée comme favorable au maintien de cette pratique. En réaction, des militantes et organisations féminines ont lancé leurs propres messages, notamment « Non à l’excision » et « Protégeons les filles ».
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Le 22 août 2026, des femmes maliennes et des organisations engagées dans la lutte contre les mutilations génitales féminines se sont mobilisées pour demander une réponse politique et juridique à cette pratique. Leur principale revendication porte sur l’adoption d’une loi criminalisant l’excision au Mali.
La mobilisation a également dépassé les frontières maliennes. À Dakar, au Sénégal, le Collectif des féministes du Sénégal s’est rassemblé devant l’ambassade du Mali pour exprimer sa solidarité avec les militantes maliennes et réclamer également une législation contre l’excision.
Le réseau « Excision parlons-en ! » a pour sa part relayé cette mobilisation et souligné qu’elle s’inscrit dans le combat mené depuis plusieurs années par des femmes maliennes en faveur d’une loi interdisant les mutilations génitales féminines.
Une pratique toujours sans loi spécifique
Au Mali, l’excision n’est toujours pas spécifiquement criminalisée par une loi nationale, une situation régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits des femmes.
En 2021, plusieurs organisations, parmi lesquelles Equality Now et l’Association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles, avaient saisi la Cour de justice de la CEDEAO pour contester l’absence de cadre juridique spécifique criminalisant les mutilations génitales féminines.
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Ces organisations estiment que cette absence de législation laisse les filles et les femmes insuffisamment protégées face à cette pratique.
La question est également considérée comme un enjeu de droits humains. En juin 2020, des experts des Nations unies avaient appelé les autorités maliennes à criminaliser les mutilations génitales féminines et à prendre des mesures visant à mieux protéger les femmes et les filles.
Des chiffres qui alimentent l’inquiétude
Selon les données citées par « Excision parlons-en ! », 89 % des femmes âgées de 15 à 49 ans au Mali auraient subi une mutilation génitale féminine. Chez les filles âgées de 0 à 14 ans, la proportion serait de 73 %.
Pour les organisations féminines, ces chiffres illustrent l’urgence d’une réponse législative, mais aussi d’actions de sensibilisation, de prévention et de prise en charge des victimes.
Les militantes estiment que la lutte contre l’excision ne doit pas se limiter à la dénonciation de la pratique. Elles réclament également un meilleur accès des victimes à l’information, aux soins et à la justice.
À travers leur mobilisation, les femmes et organisations engagées dans ce combat adressent ainsi un message aux autorités maliennes : « Non à l’excision. Protégeons les filles. »
