À l’occasion de la Journée mondiale du slam de poésie, célébrée le 26 septembre, des slameurs et slameuses de Goma mettent en avant le rôle de cet art dans la sensibilisation, le dialogue et la promotion de la paix, dans une région marquée par les conflits et les divisions.
Pour Myrna Chirhigiri, connue sous le nom artistique Slamine Art 005, le slam constitue un véritable outil de paix. Selon elle, cet art permet de s’adresser directement aux populations, de raconter les réalités vécues, mais aussi de dénoncer ce qui ne va pas et de transmettre des messages d’espoir.
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« Quelques mots bien choisis peuvent faire réfléchir quelqu’un autrement », explique-t-elle.
La slameuse souhaite voir davantage de créations portant sur la tolérance, le respect et le vivre-ensemble. Elle estime que les jeunes doivent comprendre que les différences ne doivent pas nécessairement conduire au rejet ou à la haine.
Elle souligne également le rôle que les artistes peuvent jouer auprès de la jeunesse. Selon elle, les jeunes sont particulièrement réceptifs aux messages dans lesquels ils peuvent se reconnaître. Pour les slameurs et slameuses, utiliser leur voix pour parler de paix, de respect et de responsabilité peut ainsi contribuer à sensibiliser la communauté.
Les femmes aussi porteuses de messages de paix
Myrna Chirighiri insiste par ailleurs sur la place des femmes dans cette dynamique. Elle estime qu’elles ne doivent pas uniquement être considérées comme des victimes des conflits, mais également comme des actrices de changement et des porteuses de messages de paix.
Pour elle, l’expression artistique peut contribuer à donner davantage de visibilité à cette capacité des femmes à participer à la construction d’une société plus pacifique.
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« Raviver une flamme qui était fanée »
De son côté, Plamédie, jeune slameuse de Goma connue sous le nom de scène Plame Art et membre du collectif Kivu Slam, considère le slam comme une manière de « raviver une flamme qui était fanée ».
Pour elle, cet art permet notamment de rappeler l’importance de la paix et de l’amour. Elle souhaite que les artistes proposent des messages différents, capables de défendre l’idée d’une paix concrète et durable.
« Moi, je voudrais une paix pure », affirme-t-elle.
Elle appelle ainsi les jeunes à promouvoir l’amour, la fraternité et la paix à travers leurs paroles et leurs actions.
Le slam pour donner une voix aux communautés
Même constat pour Nchiko Tychique, étudiant en faculté de médecine et artiste slameur. Il estime que le slam peut contribuer à sensibiliser la population, donner une voix aux communautés, rapprocher les groupes, dénoncer les violences et favoriser le dialogue.
Dans ses textes, il dit mettre notamment en avant l’unité, le pardon, le respect, la tolérance et le rejet de la violence.
Pour lui, la construction de la paix commence par les paroles, mais aussi par les comportements de chacun.
L’utilisation du slam comme outil de paix reste toutefois un défi dans un contexte marqué par la peur, les divisions et les blessures liées aux conflits, souligne-t-il.
Des paroles pour rapprocher plutôt que diviser
À l’occasion de cette journée, les trois artistes invitent les jeunes et l’ensemble de la communauté à faire de leurs paroles et de leurs actes des instruments de rapprochement plutôt que de division.
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À travers leurs témoignages, ils rappellent qu’une parole peut blesser, mais aussi apaiser, tandis qu’une publication peut diviser ou contribuer au rapprochement.
La consolidation de la paix apparaît ainsi comme une responsabilité collective à laquelle chacun peut contribuer, notamment par sa manière de parler, de créer et d’interagir avec les autres.
