Face au refus du président rwandais Paul Kagame de retirer ses troupes du territoire congolais, les États-Unis durcissent le ton. Washington, par la voix de son émissaire spécial pour l’Afrique, Massad Boulos, menace désormais Kigali de sanctions financières et diplomatiques si l’accord de paix signé à Washington n’est pas respecté.
Cette intervention marque un tournant dans la stratégie américaine. Après des mois de médiation, Washington opte pour une pression directe, cherchant à stabiliser la région des Grands Lacs.
Massad Boulos, lors d’une intervention sur France 24, a rappelé : « L’heure n’est plus aux simples discussions, mais à l’application stricte des engagements pris. »
Le conseiller spécial a mis en garde que le maintien du soutien rwandais au M23 ou la présence prolongée de forces étrangères en RDC pourrait entraîner des sanctions ciblées contre de hauts responsables rwandais, à l’image de celles ayant visé des figures comme James Kabarebe.
De son côté, Paul Kagame a qualifié les pressions occidentales d’« étouffantes » et a affirmé que le Rwanda ne se laisserait pas dicter sa conduite.
En réponse, Massad Boulos a souligné que la diplomatie économique et les investissements américains, notamment dans le secteur minier en RDC, sont conditionnés à la paix et au retrait effectif des forces étrangères.
« L’administration américaine s’assurera que la paix soit effective », a martelé le conseiller, envoyant un signal clair : les États-Unis sont prêts à passer de la carotte au bâton pour mettre fin à l’instabilité qui mine l’Est de la RDC depuis des décennies.
Cette escalade survient alors que la stabilité dans l’Est de la RDC reste fragile, avec des conflits récurrents, l’implantation de groupes armés et des tensions transfrontalières. Les acteurs internationaux observent de près, alors que la mise en œuvre effective de l’accord de paix de Washington devient un test crucial pour la sécurité régionale.

