Face à des mouvements de grève persistants, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé ce mardi la suspension sine die des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national, invoquant la protection de la cohésion sociale et des institutions.
Dans un communiqué diffusé sur la chaîne publique Gabon 1ère, le porte-parole Jean-Claude Mendome a précisé que cette décision vise à contrer la circulation de contenus jugés attentatoires à la sécurité de l’État et à la cohésion nationale.
Bien que les plateformes ciblées n’aient pas été explicitement mentionnées, la HAC dénonce la prolifération de messages diffamatoires, haineux ou inappropriés, la propagation de fake news et le cyberharcèlement, la violation de la vie privée et l’inaction des géants du numérique face à ces contenus
Selon le régulateur, laisser prospérer ces pratiques pourrait engendrer des dérives conflictogènes et compromettre l’unité nationale ainsi que les acquis démocratiques du pays.
Cette mesure radicale intervient alors que le Gabon traverse une période de contestation sociale, marquée par des grèves prolongées du secteur éducatif et des mobilisations relayées massivement sur les réseaux sociaux. Les autorités justifient cette suspension comme un moyen de préserver la stabilité et l’ordre public.
Malgré l’annonce officielle, plusieurs témoins ont indiqué dans la nuit de mardi à mercredi que les réseaux sociaux restaient accessibles aux internautes gabonais, laissant planer des doutes sur l’application effective de cette suspension.

