À l’occasion de la Journée internationale de la fille, célébrée le 11 octobre, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, alerte sur la persistance du mariage des enfants dans le monde. Selon les données relayées par l’ONU, au moins une fille sur cinq est mariée avant l’âge de 18 ans, une pratique qui compromet son éducation, sa santé, sa sécurité et ses perspectives d’avenir.
Chaque année, plus de 12 millions de filles sont mariées avant d’atteindre l’âge adulte, soit environ une toutes les trois secondes. L’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée, avec une prévalence estimée à 31 %, selon les chiffres cités par l’organisation onusienne.
Pour António Guterres, le mariage des enfants constitue une violation des droits des filles, car il les prive souvent de la possibilité de poursuivre leur scolarité, de prendre des décisions concernant leur avenir et de grandir dans un environnement protecteur.
« Ensemble, défendons le droit de toutes les filles à une enfance et mettons fin au mariage des enfants une fois pour toutes », appelle le secrétaire général de l’ONU.
Des conséquences durables sur la santé et les droits des filles
Au-delà de ses conséquences sur la scolarité, le mariage précoce expose les filles à des risques importants pour leur santé physique et mentale. Il peut notamment renforcer leur isolement social, favoriser la détresse émotionnelle et la dépression, et les exposer à différentes formes de violence.
L’ONU souligne également les répercussions de cette pratique sur l’autonomie des filles et leur capacité à réaliser leur potentiel. Les adolescentes mariées trop tôt peuvent se retrouver privées de choix essentiels concernant leur éducation, leur santé et leur avenir.
Ces conséquences s’inscrivent dans un contexte mondial où la santé mentale des adolescentes demeure une préoccupation majeure. L’organisation rappelle notamment que l’automutilation figure parmi les principales causes de décès chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans.
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Des progrès possibles grâce à l’éducation et à la protection
Malgré l’ampleur du phénomène, des progrès ont été enregistrés au cours des dernières décennies. Selon les estimations citées par l’ONU, les investissements dans l’éducation des filles, les réformes juridiques et les dispositifs de protection sociale ont permis d’éviter environ 68 millions de mariages d’enfants au cours des 25 dernières années.
Pour l’organisation, ces résultats montrent que des changements sont possibles lorsque les filles bénéficient d’un accompagnement adapté et que leurs droits sont effectivement protégés.
L’ONU préconise notamment de maintenir les filles à l’école, d’élargir leur accès aux soins de santé et aux services sociaux, de renforcer leur protection et de travailler avec les familles et les communautés pour remettre en question les normes sociales néfastes qui favorisent les mariages précoces.
Elle appelle également à investir davantage dans les droits des filles et à soutenir leur leadership afin qu’elles puissent participer pleinement aux décisions qui concernent leur vie et leur communauté.
À l’occasion de cette journée, le message des Nations unies est clair : chaque fille doit pouvoir grandir en sécurité, accéder à l’éducation, exercer ses droits et choisir librement son avenir.
La lutte contre le mariage des enfants ne concerne pas seulement la protection individuelle des filles. Elle constitue également un enjeu de développement et de cohésion sociale. Lorsque les filles sont protégées, éduquées et autonomes, elles contribuent à bâtir des familles en meilleure santé, des communautés plus fortes et des sociétés plus pacifiques et prospères.
