À l’occasion de la Journée internationale des langues des signes, l’Organisation des Nations Unies (ONU) appelle à renforcer les actions visant à garantir les droits fondamentaux des personnes sourdes et malentendantes dans tous les domaines de la vie.
Cette journée met notamment en lumière l’importance de reconnaître, de protéger et de promouvoir l’identité linguistique des personnes sourdes à travers les différentes langues des signes nationales.
Selon l’ONU, le monde compte environ 70 millions de personnes sourdes, dont 80 % vivent dans des pays en développement. Ces populations utilisent collectivement plus de 300 langues des signes nationales.
Ces langues constituent des systèmes linguistiques naturels à part entière, avec des structures propres et distinctes des langues parlées. Une langue des signes internationale (LSI), assimilée à une forme de pidgin, est également utilisée lors de rencontres internationales ou de déplacements entre pays.
Un droit reconnu par la Convention relative aux droits des personnes handicapées
La Convention relative aux droits des personnes handicapées reconnaît l’égalité entre les langues des signes et les langues parlées. Elle engage également les États parties à faciliter le recours aux langues des signes ainsi que leur apprentissage.
Afin de promouvoir cette diversité linguistique et culturelle et de sensibiliser l’opinion publique, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la Journée internationale des langues des signes en 2017, à l’initiative de la Fédération mondiale des sourds, qui rassemble 135 associations nationales.
Dans sa résolution 72/161, l’Assemblée générale insiste notamment sur la nécessité de préserver et de promouvoir les langues des signes afin de garantir aux personnes sourdes l’accès à une éducation de qualité et aux différents services.
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Cette démarche repose également sur le principe selon lequel « rien de ce qui nous concerne ne peut se faire sans nous », qui souligne l’importance de la participation directe des personnes concernées aux décisions qui les affectent.
L’inclusion du handicap au cœur de l’action de l’ONU
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la Stratégie des Nations Unies pour l’inclusion du handicap, qui vise à intégrer la question du handicap dans l’ensemble des actions de l’organisation, notamment dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement.
Malgré les avancées enregistrées, de nombreux obstacles persistent dans plusieurs pays. En Tunisie, par exemple, des personnes sourdes telles que Mohamed Ben Smida, Salma Saied et Ben Mrabet témoignent des difficultés quotidiennes et des discriminations qui peuvent limiter leur pleine participation à la société.
Pour contribuer à réduire ces barrières, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) travaille avec les gouvernements et la société civile afin de promouvoir notamment la reconnaissance officielle des langues des signes et du braille.
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Un appel à la solidarité internationale
Pour marquer cette journée et témoigner leur solidarité avec les communautés sourdes, la Fédération mondiale des sourds invite les institutions publiques, les mairies et les monuments officiels à s’illuminer en bleu.
Au-delà de cette symbolique, cette journée rappelle l’importance de garantir aux personnes sourdes un accès effectif à l’éducation, aux services publics, à l’information et à la participation sociale, dans le respect de leurs droits et de leur identité linguistique.
