Le gouvernement kényan hausse le ton face à la Russie. Les autorités exigent le rapatriement immédiat des corps et des prisonniers de guerre kényans engagés dans le conflit en Ukraine, alors que les services de renseignement révèlent une forte augmentation du nombre de ressortissants combattant dans les rangs russes.
Selon des données transmises au Parlement, plus de 1 000 Kényans seraient actuellement impliqués aux côtés de la Russie. Un chiffre en nette hausse par rapport aux 200 cas recensés en novembre dernier par le ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi.
Face à cette situation, le secrétaire principal aux Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, a convoqué l’ambassadeur de Russie à Nairobi, Vsevolod Tkachenko, pour une explication formelle.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, le responsable kényan a exprimé « la grave préoccupation du gouvernement concernant les ressortissants kényans actuellement pris dans le conflit russo-ukrainien ».
Nairobi réclame désormais l’établissement de « protocoles clairs et transparents » pour identifier et rapatrier les dépouilles des défunts ainsi que les prisonniers de guerre. Le gouvernement demande également un accès consulaire total et sans entrave à ses citoyens.
L’enquête des autorités kényanes pointe la responsabilité d’agences de recrutement illégales. Ces réseaux promettraient à de jeunes candidats des emplois bien rémunérés dans le bâtiment ou la sécurité privée en Russie, avant de les rediriger vers des zones de combat.
Les services de renseignement évoquent également des itinéraires complexes, avec des transits par d’autres pays africains afin de brouiller les pistes avant l’arrivée sur le territoire russe, compliquant le suivi des recrues.
Le Kenya n’est pas le seul pays concerné. Du Nigeria à l’Afrique du Sud, plusieurs gouvernements africains surveillent de près ces recrutements. En novembre dernier, la diplomatie ukrainienne affirmait avoir identifié plus de 1 400 ressortissants issus de 36 pays africains combattant aux côtés de la Russie.
Cette situation place les États concernés dans une position diplomatique délicate, contraints de protéger leurs ressortissants tout en gérant les implications juridiques et politiques d’un engagement militaire étranger.
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À Nairobi, les autorités assurent que la priorité reste la sécurité et la dignité de chaque citoyen kényan à l’étranger, tout en promettant de renforcer la lutte contre les réseaux de recrutement clandestins.

