La police libyenne a annoncé samedi la découverte des corps de cinq migrants, dont deux femmes, sur une plage située à l’est de la capitale, dans une nouvelle tragédie liée aux traversées clandestines en Méditerranée centrale.
Les dépouilles ont été retrouvées sur la plage d’Emhamed al-Sharif, dans la ville côtière de Qasr al-Akhyar, à environ 73 kilomètres de Tripoli. Cette zone constitue l’un des principaux points de transit pour les migrants tentant de rejoindre l’Europe par la mer.
Lire aussi : Libye : trois soldats tués lors d’une incursion armée dans le sud du pays
Selon Hassan al-Ghweil, chef des enquêtes du centre de police local, cité par Reuters, les autorités redoutent que d’autres corps soient encore à la dérive.
Des témoins ont notamment rapporté avoir aperçu le corps d’un enfant rejeté par les vagues avant d’être emporté à nouveau au large par une forte houle. Les garde-côtes ont été déployés pour tenter de le localiser.
Le responsable policier a précisé que les victimes retrouvées sont toutes des personnes à la peau noire. L’état des corps laisse supposer un naufrage récent. Le Croissant-Rouge a été sollicité pour procéder à la récupération des dépouilles.
Ce drame survient quelques semaines seulement après un autre naufrage signalé au large de Zouara. Début février, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) faisait état de 53 personnes portées disparues, dont deux nourrissons, après le chavirement d’un canot pneumatique.
La Libye demeure aujourd’hui le principal point de départ pour des milliers de migrants cherchant à gagner les côtes européennes. Mais les dangers ne se limitent pas à la traversée maritime.
Un récent rapport des Nations unies décrit des conditions de vie extrêmement préoccupantes pour les migrants présents sur le territoire libyen. Le document évoque notamment des meurtres, actes de torture, violences sexuelles et formes d’exploitation assimilables à de l’esclavage domestique, y compris à l’encontre de mineurs.
Face à cette situation, l’ONU appelle à la suspension immédiate des renvois forcés vers la Libye, tant que les garanties relatives au respect des droits fondamentaux ne seront pas assurées.
Lire aussi : Libye : Saïf al-Islam Kadhafi assassiné à l’âge de 53 ans
Dans ce contexte, la découverte des cinq corps à Qasr al-Akhyar rappelle une fois de plus le coût humain des routes migratoires en Méditerranée centrale, l’une des plus dangereuses au monde.

