Le Parquet national financier (PNF) de Paris a transmis aux autorités judiciaires de la Principauté de Monaco une plainte pour corruption et blanchiment visant le contrat de sponsoring conclu entre la République démocratique du Congo et l’AS Monaco. Une démarche que le ministère congolais des Sports qualifie de « simple formalité administrative », sans fondement judiciaire.
La transmission fait suite à une plainte déposée en septembre dernier par Me Hervé Diakiese au nom de deux citoyens congolais. Estimant ne pas être compétent territorialement, le PNF a renvoyé le dossier à son homologue monégasque. Le Procureur général de Monaco, Stéphane Thibault, a confirmé mercredi avoir reçu cette « dénonciation officielle ».
La plainte évoque des soupçons de « blanchiment de capitaux », « détournement de fonds publics » et « corruption ». Au cœur des critiques figure le contrat baptisé « Partenariat Premium RD Congo, Cœur de l’Afrique », d’un montant de 1,6 million d’euros par saison sur trois ans, soit 4,8 millions d’euros au total. Les plaignants s’interrogent notamment sur la pertinence d’un tel investissement alors que la France déconseille formellement le tourisme en RDC pour des raisons de sécurité.
À Kinshasa, la réaction ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué publié jeudi 19 février, le cabinet du ministre des Sports Didier Budimbu a rejeté toute irrégularité. Pour les autorités congolaises, la transmission du dossier par le PNF ne constitue en rien la preuve d’une infraction, mais relève d’une procédure administrative liée à la compétence territoriale.
Le ministère affirme que le contrat a été « validé par les instances gouvernementales compétentes » et exécuté dans le « strict respect des règles budgétaires ». Il dénonce des allégations de corruption « infondées » et rappelle que sa priorité demeure la performance sportive, notamment la qualification des Léopards pour la Coupe du Monde.
De son côté, l’AS Monaco assure avoir pris « toutes les précautions d’usage » avant la signature de l’accord. Quant à la partie plaignante, elle considère cette transmission comme une étape « positive ». Me Diakiese prévient que si le parquet monégasque ne donne pas suite, une saisine d’un juge d’instruction pourrait être envisagée.
Entre volonté de rayonnement international affichée par Kinshasa et exigences de transparence financière soulevées par les plaignants, la justice monégasque apparaît désormais au centre d’un dossier où se croisent enjeux sportifs, politiques et judiciaires.

