Le président angolais, João Lourenço, a proposé un cessez-le-feu entre la RDC et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, à partir de ce mercredi 18 février. Cette initiative intervient alors que deux autres dynamiques diplomatiques sont déjà en cours : un processus engagé à Washington et un autre à Doha.
Intervenant sur les antennes de Radio France Internationale, le professeur Bob Kabamba, enseignant en sciences politiques à l’Université de Liège et dont les positions sont connues comme proches de l’ancien Président Kabila, estime que cette nouvelle proposition risque d’ajouter davantage de confusion qu’elle n’apporte de solution.
Selon lui, le cessez-le-feu est déjà inscrit à l’ordre du jour des discussions en cours à Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC-M23.
« Il y a le président du conseil togolais, Faure Gnassingbé, qui a été désigné aussi médiateur dans le cadre de ces conflits avec l’appui de cinq anciens chefs d’État, pour pouvoir continuer le travail de Doha. Là où la confusion arrive, c’est quand Luanda demande un cessez-le-feu, alors que le cessez-le-feu est déjà à l’ordre du jour entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC-M23 à Doha », a-t-il expliqué.
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Le politologue souligne que la multiplication des initiatives diplomatiques nuit à la lisibilité du processus de paix. À chaque étape, ajoute-t-il, des décisions sont annoncées mais peinent à être mises en œuvre, ce qui contribue à maintenir le pays dans une situation de fragmentation.
« L’espace qui est conquis par la rébellion reste à la rébellion et le gouvernement congolais n’arrive pas à pouvoir reprendre le contrôle de ses territoires », a-t-il conclu.

