Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a lancé un appel solennel à l’unité et à l’action en faveur de la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies, lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement du Comité des Dix (C-10), tenue en marge de la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Addis-Abeba.
Coordinateur du C-10, le chef de l’État sierra-léonais a qualifié cette période de moment décisif, marquant le 20ᵉ anniversaire de l’adoption du Consensus d’Ezulwini et de la Déclaration de Syrte, qui constituent le cadre unifié de l’Afrique pour la réforme du Conseil de sécurité.
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Julius Maada Bio a réaffirmé la position ferme de l’Afrique, qui réclame au moins deux sièges permanents au Conseil de sécurité, dotés de toutes les prérogatives, y compris le droit de veto, ainsi que cinq sièges non permanents.
« La structure actuelle du Conseil de sécurité demeure non représentative et perpétue une injustice historique envers l’Afrique, malgré la place centrale qu’occupe le continent dans l’agenda de cet organe », a-t-il souligné.
Le président Bio a rappelé les étapes majeures franchies en 2025, notamment la réunion du C-10 organisée à Freetown en avril, qui a abouti à l’adoption des Documents finaux de Freetown, comprenant le Modèle africain de réforme, une Feuille de route stratégique, et un Aide-mémoire destiné à guider un plaidoyer africain coordonné.
Il a également cité la 13ᵉ réunion ministérielle du C-10 tenue à Lusaka, en Zambie, qui a validé ces orientations, ainsi que les consultations de haut niveau ayant renforcé la position de négociation de l’Afrique.
Le chef de l’État sierra-léonais a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de passer du plaidoyer général à des négociations textuelles dans le cadre des Négociations intergouvernementales (IGN), mettant en garde contre toute fragmentation ou toute acceptation de réformes édulcorées.
« Toute division affaiblit notre position collective », a-t-il averti, appelant également à un soutien financier et logistique prévisible de la part du système de l’Union africaine pour renforcer l’action du C-10.
Enfin Julius Maada Bio a affirmé que l’Afrique ne réclame pas la réforme par faveur, mais au nom de la justice, de l’équité et de la légitimité du système international. Il a réitéré son engagement à porter la position africaine commune avec rigueur stratégique, détermination et unité, exhortant les dirigeants du continent à s’accorder sur des prochaines étapes claires afin de maintenir la dynamique vers une gouvernance mondiale plus inclusive et crédible.

