Le Groupe international de contact (ICG) pour la région des Grands Lacs a exprimé sa vive préoccupation face à la poursuite du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), tout en réaffirmant son soutien aux différents processus diplomatiques engagés pour restaurer la paix et la stabilité dans la région.
Cette position est contenue dans une déclaration publiée le 22 mai 2026 à l’issue de la réunion de l’ICG tenue les 20 et 21 mai à Stockholm, en Suède. Le groupe rassemble plusieurs partenaires internationaux parmi lesquels la Belgique, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis.
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Dans cette déclaration, les membres du Groupe international de contact soulignent que la poursuite du conflit armé dans l’Est de la RDC constitue une menace majeure pour la stabilité et la prospérité de toute la région des Grands Lacs.
Le groupe réitère son soutien aux efforts diplomatiques en cours, notamment ceux facilités par le Qatar, les États-Unis, l’Union africaine à travers le médiateur désigné Faure Gnassingbé, président du Conseil des ministres du Togo, ainsi que les partenaires régionaux impliqués dans les initiatives de paix.
Le Groupe international de contact salue également les progrès enregistrés dans le cadre des Accords de Washington conclus entre la République démocratique du Congo et le Rwanda ainsi que ceux du Cadre de Doha signé entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC-M23).
Les partenaires internationaux ont particulièrement salué les avancées réalisées lors des discussions organisées du 13 au 19 avril 2026 à Montreux, en Suisse, entre le gouvernement congolais et l’AFC-M23.
Selon le communiqué, ces échanges ont permis des engagements importants en faveur des opérations humanitaires, de la libération des prisonniers ainsi que de la mise en œuvre du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu avec l’appui de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et de la MONUSCO.
L’ICG a également salué les résultats de la réunion du 23 avril dernier à Washington DC, au cours de laquelle la RDC et le Rwanda ont tenu une session du Comité conjoint de suivi. Le groupe rappelle l’importance du respect des engagements pris dans le cadre des Accords de Washington ainsi que l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Dans sa déclaration, le Groupe international de contact insiste aussi sur la nécessité d’un dialogue intercongolais inclusif impliquant toutes les parties prenantes congolaises afin de parvenir à une paix durable. Les membres de l’ICG saluent à ce sujet les consultations entreprises par l’Angola dans le cadre des efforts régionaux de médiation.
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Le groupe exhorte toutes les parties au conflit à capitaliser sur la dynamique diplomatique actuelle, à respecter leurs engagements et à poursuivre les négociations. Les partenaires internationaux rappellent qu’il ne peut y avoir de solution militaire au conflit dans l’Est de la RDC.
La déclaration met également l’accent sur la protection des populations civiles conformément au droit international humanitaire. L’ICG se dit préoccupé par l’usage croissant des drones dans le conflit, y compris par certains acteurs étatiques, une situation qui entraînerait une augmentation du nombre de victimes civiles.
Le Groupe international de contact condamne fermement les violations du droit international humanitaire et appelle à un renforcement des mécanismes de coordination civilo-militaire, des procédures de notification ainsi qu’à une meilleure identification des infrastructures humanitaires afin d’éviter de nouveaux drames.
Les membres du groupe estiment que les avancées politiques doivent rapidement produire des effets concrets sur le terrain. Ils demandent ainsi le respect strict du cessez-le-feu par toutes les parties et une amélioration immédiate de la situation humanitaire dans les provinces affectées par le conflit.
L’ICG appelle également à garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave aux organisations de secours. Les partenaires internationaux plaident notamment pour la réouverture durable des aéroports de Goma et Kavumu, l’établissement de corridors humanitaires sécurisés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ainsi que l’allègement des procédures administratives pour les acteurs humanitaires.
Le communiqué revient aussi sur la récente flambée d’Ebola dans l’Est de la RDC.
Le Groupe international de contact rappelle que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré le 17 mai 2026 cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, tandis que le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) l’a qualifiée, le 18 mai, d’urgence sanitaire de sécurité continentale.
Selon l’ICG, cette nouvelle crise sanitaire vient aggraver une situation humanitaire déjà extrêmement fragile dans l’Est du pays. Le groupe appelle toutes les parties au conflit à faciliter les efforts de riposte contre Ebola et souligne l’importance de la coopération régionale pour faire face aux défis sanitaires et sécuritaires communs.
Enfin, le Groupe international de contact affirme qu’il continuera à soutenir les partenaires régionaux dans la recherche de solutions durables aux causes profondes du conflit, conformément à l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région.
Les partenaires internationaux estiment que la gouvernance inclusive, la redevabilité ainsi que la protection des droits fondamentaux restent des éléments essentiels pour mettre fin aux cycles d’instabilité et garantir une paix durable dans la région des Grands Lacs.
