La 48e édition de la Ligue Provinciale de Football du Sud-Kivu (LIFSKI 2025-2026) s’est officiellement clôturée ce samedi 30 mai 2026 au stade de la Concorde de Kadutu, avec le sacre du FC Malwa de Kamituga face à Ecofoot Walungu sur le score sans appel de trois buts à zéro (3-0).
Mais au-delà du spectacle sportif et de l’ambiance qui a régné dans les tribunes, cette finale provinciale a également été marquée par plusieurs faits inhabituels liés aux mesures sécuritaires, sanitaires et médiatiques mises en place autour de l’événement.
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Un important dispositif sécuritaire autour du stade
Dès les premières heures de la journée, un impressionnant dispositif sécuritaire a été déployé aux abords du stade de la Concorde.
Des éléments de la Police ainsi que certains militaires de l’Alliance Fleuve Congo – Mouvement du 23 Mars (AFC-M23) étaient visibles autour des installations sportives afin d’assurer le maintien de l’ordre et prévenir tout débordement.
Cette présence sécuritaire n’a pas particulièrement suscité de contestations parmi les supporters, plusieurs observateurs estimant que les rencontres à grand enjeu peuvent facilement dégénérer en cas de décisions arbitrales controversées ou de tensions entre camps adverses.
Des cache-nez vendus à l’entrée du stade
Sur le plan sanitaire, la finale s’est jouée dans un contexte marqué par l’épidémie d’Ebola récemment déclarée au Sud-Kivu.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des cartons de cache-nez auraient été mis à disposition par les autorités de l’AFC-M23 afin de renforcer les mesures de prévention sanitaire pendant la rencontre.
Cependant, plusieurs supporters affirment que ces masques, supposés être distribués gratuitement, ont finalement été vendus à l’entrée du stade au prix de 500 francs congolais l’unité.
« On a remis les cache-nez pour qu’ils les distribuent mais eux commencent à les vendre. Je ne comprends pas ça moi », s’est indigné un jeune supporter venu assister à la finale.
Pour accéder aux tribunes, les spectateurs devaient obligatoirement présenter leur billet d’entrée et porter un cache-nez.
Le lavage des mains ainsi que le port obligatoire du masque ont été globalement salués comme des mesures responsables dans le contexte sanitaire actuel. Toutefois, la commercialisation présumée des cache-nez a suscité de nombreuses critiques parmi les supporters.
Une finale sans retransmission en direct
L’autre fait marquant de cette finale reste l’interdiction imposée aux journalistes de filmer la rencontre ou de la diffuser en direct sur les réseaux sociaux.
Cette décision a surpris de nombreux professionnels des médias sportifs présents au stade, d’autant plus qu’aucune restriction similaire n’avait été appliquée depuis le début de la compétition provinciale.
Plusieurs journalistes et médias locaux avaient déjà annoncé à leurs auditeurs, abonnés et internautes la retransmission de cette finale via les radios locales, Facebook ou encore YouTube.
À leur arrivée au stade, certains ont cependant été stoppés par les services de sécurité.
« Entrez au stade, mais ne filmez pas. N’osez même pas prendre une photo. Les autorités ont refusé », répétait un membre du dispositif sécuritaire à l’entrée du stade.
Cette mesure a empêché toute diffusion en direct de la rencontre, au grand regret de nombreux amateurs de football du Sud-Kivu qui espéraient suivre le match à distance.
Restriction médiatique ou mesure exceptionnelle ?
L’interdiction de filmer et de photographier la finale soulève désormais plusieurs interrogations au sein de l’opinion sportive et médiatique.
Certains observateurs y voient une atteinte à la liberté de la presse et au droit à l’information, tandis que d’autres évoquent une mesure exceptionnelle liée au contexte sanitaire autour de l’épidémie d’Ebola.
Des sources proches de l’organisation estiment également que cette décision pourrait avoir été motivée par la volonté d’éviter des critiques concernant la forte affluence enregistrée dans le stade malgré les alertes sanitaires en cours.
« On avait déjà envisagé que le match ne se joue pas. Après plusieurs négociations menées par la Ligue, l’autorisation a finalement été accordée, mais avec certaines conditions, notamment sanitaires », a confié un agent du stade sous anonymat.
Selon un document publié le même jour par la Ligue Provinciale, toute retransmission de la finale devait être conditionnée par une accréditation spéciale délivrée par l’instance organisatrice.
Mais plusieurs journalistes affirment avoir été informés de cette mesure seulement à leur arrivée au stade, alors qu’il était déjà impossible de remplir les formalités administratives exigées.
Même les prises de photos ont été interdites à certains professionnels des médias sur place.
Une finale disputée dans le calme malgré les polémiques
Malgré ces différentes restrictions, la finale s’est finalement déroulée sans incident majeur et dans un climat relativement calme.
Le FC Malwa de Kamituga a dominé Ecofoot Walungu avec autorité pour décrocher le trophée provincial et valider son accession en deuxième division de la Ligue Nationale de Football (LINAFOOT).
Cependant, les interrogations liées à l’interdiction de filmer ou de diffuser la rencontre restent entières, aucune communication officielle détaillée n’ayant encore été publiée pour expliquer clairement les motivations de cette décision.
Tout au long de la journée, plusieurs supporters ont multiplié les appels et messages auprès des journalistes sportifs afin de comprendre pourquoi ils ne pouvaient pas suivre la rencontre en direct. Certains pensaient même que la finale avait été reportée.
« Nous vous informons que la finale ne sera pas diffusée sur cette page… suite à la décision de l’organisateur de la compétition », avait notamment publié le journaliste sportif Patrigal Basimarha à l’attention de ses abonnés.
À l’heure où les réseaux sociaux et les nouvelles technologies jouent un rôle essentiel dans la promotion du football local et la visibilité des jeunes talents, plusieurs observateurs considèrent que ces restrictions ont porté préjudice à la valorisation du football provincial du Sud-Kivu ainsi qu’aux joueurs des deux équipes finalistes qui espèrent attirer l’attention de grands clubs.
Séraphin Mapenzi
