L’épidémie de maladie à virus Ebola qui frappe actuellement la République démocratique du Congo est devenue la deuxième plus importante jamais enregistrée dans l’histoire et la plus rapide jamais observée, a alerté le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. Plus de 6.000 cas ont désormais été signalés et près de 3.000 personnes sont décédées, alors que la maladie affecte actuellement 60 zones de santé réparties dans six provinces du pays.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, le patron de l’OMS a décrit une situation sanitaire « extrêmement complexe », qui mobilise de nombreux partenaires du système des Nations unies ainsi que d’autres organisations engagées dans la réponse à l’épidémie.
« L’épidémie d’Ebola en RDC est déjà la deuxième plus importante jamais enregistrée, et la plus rapide que nous ayons jamais vue. Aujourd’hui, nous avons dépassé 6.000 cas signalés et presque 3.000 décès », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Selon lui, la propagation de la maladie concerne désormais 60 zones de santé dans six provinces, une extension géographique qui renforce la complexité de la riposte et nécessite une mobilisation coordonnée des autorités congolaises, des Nations unies et des partenaires humanitaires et sanitaires.
La majorité des décès surviennent encore dans les communautés
Le directeur général de l’OMS a particulièrement insisté sur l’une des principales préoccupations des responsables de la riposte : une grande partie des décès continue de survenir au sein des communautés plutôt que dans les centres de traitement.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a indiqué avoir évoqué cette situation avec les États membres de l’organisation, aux côtés de Tom Fletcher, responsable des affaires humanitaires des Nations unies.
« Tom Fletcher et moi avons informé nos États membres hier de notre principale préoccupation : la plupart des décès se produisent encore dans les communautés plutôt que dans les centres de traitement et parmi des personnes qui n’étaient pas des contacts connus », a-t-il expliqué.
ARVE error: No attachment with ID 152021
Pour le responsable de l’OMS, cette situation constitue un indicateur préoccupant de la persistance de chaînes de transmission qui n’ont pas encore été identifiées par les équipes de surveillance sanitaire.
« Cela signifie qu’il existe encore des chaînes de transmission que nous ne connaissons pas », a-t-il averti.
Cette réalité complique davantage les efforts de contrôle de l’épidémie, dans la mesure où l’identification rapide des personnes infectées et de leurs contacts constitue l’un des principaux mécanismes permettant d’interrompre la transmission du virus.
Une riposte renforcée face à une urgence sanitaire complexe
Face à l’évolution de la situation, l’OMS assure que les différents volets de la réponse ont été renforcés et continueront à être étendus.
« Tous les aspects de la réponse ont été renforcés et continueront d’être élargis », a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
La riposte implique notamment les autorités congolaises et plusieurs partenaires internationaux, dans un contexte où l’ampleur géographique de l’épidémie et le nombre élevé de cas rendent l’intervention particulièrement difficile.
Le directeur général de l’OMS s’est toutefois voulu déterminé quant à l’issue de cette crise sanitaire.
« Nous mettrons fin à cette épidémie », a-t-il assuré.
Mais, selon lui, l’enjeu principal reste désormais la rapidité avec laquelle la maladie pourra être maîtrisée.
« La question est : à quelle vitesse, et combien de vies seront perdues avant que nous y parvenions », a-t-il déclaré, soulignant que chaque retard dans la mobilisation et le renforcement de la riposte risque d’alourdir davantage le bilan humain.
« Plus cela prendra de temps, plus le coût en vies et en ressources sera élevé », a-t-il ajouté.
Un besoin de 1,3 milliard de dollars pour les six prochains mois
Pour faire face à cette crise, le plan de riposte dirigé par le Gouvernement de la République démocratique du Congo pour les six prochains mois nécessite 1,3 milliard de dollars américains, selon Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Ce montant devrait permettre de financer les activités nécessaires à la poursuite et au renforcement de la réponse contre l’épidémie dans les zones affectées.
Face à l’ampleur des besoins, le directeur général de l’OMS a lancé un appel aux États membres et aux partenaires internationaux afin qu’ils augmentent et accélèrent leurs contributions financières.
« Nous demandons à tous les États membres d’augmenter et d’accélérer leurs contributions », a-t-il insisté.
L’alerte du patron de l’OMS intervient alors que la RDC fait face à une épidémie dont la progression rapide et l’extension à plusieurs provinces constituent un défi majeur pour les autorités sanitaires.
Avec plus de 6.000 cas signalés, près de 3.000 décès et 60 zones de santé affectées dans six provinces, la capacité à identifier les chaînes de transmission encore inconnues, à renforcer la prise en charge des malades et à mobiliser les ressources financières nécessaires apparaît désormais comme l’un des principaux défis de la riposte.
Pour l’OMS, la mobilisation rapide des moyens financiers et humains pourrait être déterminante pour accélérer la fin de l’épidémie et éviter que son coût humain ne continue de s’alourdir.
