L’UNESCO appelle à renforcer la régulation de l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur de l’éducation, alors que son utilisation par les apprenants connaît une progression rapide à travers le monde. L’organisation réunit, du 8 au 11 septembre 2026 à Paris, des dirigeants, décideurs et experts internationaux pour réfléchir à l’avenir de l’éducation à l’ère de l’IA.
Placée sous le thème « Faits, fictions, frontières. L’éducation à l’ère de l’IA », cette édition de la Semaine de l’apprentissage numérique intervient dans un contexte où une grande majorité des apprenants connectés utilisent déjà des outils d’intelligence artificielle.
Selon les données présentées dans le cadre de l’événement, 86 % des apprenants connectés utilisent l’IA. Cette proportion atteindrait 95 % chez les étudiants de premier cycle au Royaume-Uni, avec des niveaux d’utilisation comparables rapportés au Ghana et en Ouganda.
Cette adoption rapide contraste toutefois avec le niveau d’encadrement dans les établissements scolaires et universitaires. De nombreuses institutions ne disposeraient toujours pas de politiques ou de lignes directrices suffisamment adaptées pour encadrer l’utilisation de ces technologies.
Pour l’UNESCO, l’enjeu n’est donc pas simplement de savoir s’il faut autoriser ou interdire l’intelligence artificielle dans les salles de classe, mais de définir les conditions d’un usage sûr, équitable, éthique et centré sur l’humain.
« L’intelligence artificielle ne doit pas être perçue uniquement comme une menace pour l’intégrité académique, mais comme un levier puissant d’inclusion à condition que les établissements scolaires sortent du flou réglementaire et posent des balises claires. »
Un potentiel pour l’inclusion et l’accompagnement des enseignants
Au-delà des inquiétudes liées notamment à la tricherie et à l’intégrité académique, l’UNESCO met en avant les possibilités offertes par l’IA dans le domaine de l’éducation.
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Les outils d’intelligence artificielle peuvent notamment contribuer à faciliter l’accès à l’éducation pour des populations difficiles à atteindre, proposer un accompagnement davantage personnalisé aux personnes en situation de handicap et aider les enseignants dans certaines tâches quotidiennes.
Cette évolution oblige ainsi les systèmes éducatifs à adapter leurs pratiques, leurs politiques et leurs mécanismes de protection afin de tirer profit des nouvelles technologies sans compromettre les principes fondamentaux de l’éducation.
Plus de 25 ministres s’engagent pour une éducation considérée comme un bien public
Dans le cadre de cette semaine de réflexion, plus de 25 ministres de l’Éducation ont également adopté un texte commun réaffirmant la nécessité de préserver l’éducation en tant que bien public mondial et droit fondamental.
Cette démarche vise notamment à éviter que la transformation numérique ne réduise l’éducation à une simple logique marchande et à rappeler la responsabilité des États dans la protection des apprenants.
Pour l’UNESCO, le développement de l’intelligence artificielle ne doit pas être freiné, mais accompagné de règles permettant d’en maîtriser les risques et d’en maximiser les bénéfices.
Les travaux organisés à Paris doivent ainsi contribuer à définir des repères communs pour que l’IA puisse être intégrée aux systèmes éducatifs tout en protégeant les apprenants, en renforçant le rôle des enseignants et en préservant la mission fondamentale de l’éducation.
