Le 24 avril marque, depuis 2016, la Journée africaine de la musique dédiée à Papa Wemba, décédé sur scène le 24 avril 2016 à Abidjan lors du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA). Dix ans après sa disparition, son influence reste intacte, notamment auprès des jeunes artistes congolais.
En République démocratique du Congo, cette commémoration constitue une occasion de réaffirmer l’héritage du chanteur, de son vrai nom Jules Shungu Wembadio, considéré comme une figure majeure de la rumba congolaise.
ARVE error: No attachment with ID 152021
À Bukavu, l’artiste Olivier Olinsh estime qu’il est impossible d’évoquer la musique congolaise sans citer Papa Wemba. « C’est comme peindre le lac Kivu sans eau », illustre-t-il, soulignant que l’artiste demeure un « monument indéboulonnable » ayant porté la culture congolaise au-delà des frontières africaines.
Évoluant dans la world music et le gospel, Olivier Olinsh ( de son vrai nom Olivier Nshabala) cite notamment l’album Emotion, arrangé par Lokua Kanza, comme une référence majeure de finesse musicale.
Tout en rendant hommage aux figures ayant contribué à la rumba, il insiste sur l’importance identitaire de ce genre musical. « La rumba congolaise, c’est nous, elle coule dans nos veines », affirme-t-il.
L’artiste attire également l’attention sur la tendance actuelle au mélange des genres dans les milieux artistiques de Bukavu. S’appuyant sur les enseignements du professeur Gabriel Adigisila, il reconnaît l’intérêt technique des passerelles entre rumba et jazz, tout en appelant à la prudence. « La rumba est sacrée, parfois il vaut mieux la préserver dans sa forme originale », prévient-il.
Au-delà du divertissement, la musique est perçue à Bukavu comme un outil éducatif et culturel. Dans le sillage de Papa Wemba, les artistes locaux sont ainsi encouragés à devenir des ambassadeurs de leur patrimoine.
Entre élégance de la SAPE et richesse musicale, l’héritage de Papa Wemba continue de structurer la culture africaine contemporaine. La Journée africaine de la musique a été instituée par l’Union africaine en 2016 pour honorer cette contribution.
Landry Barhalibirhu
