À l’occasion de la Journée internationale des langues des signes, célébrée chaque 23 septembre, l’attention est portée sur le respect des droits fondamentaux des personnes sourdes et sur leur pleine inclusion dans la société.
À Bukavu, les personnes sourdes restent confrontées à plusieurs difficultés dans leur vie quotidienne, notamment dans l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi, à l’information et à la justice.
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Songha Luzonga David, coordinateur de la Communauté chrétienne des sourds de Bagira, déplore notamment le faible accès des personnes sourdes aux opportunités sociales et professionnelles.
Selon lui, les personnes sourdes demeurent marginalisées en raison de leur handicap et ne sont pas suffisamment prises en compte dans la société.
« À Bukavu, les personnes sourdes n’ont pas vraiment accès aux opportunités comme les autres. Elles sont marginalisées à cause de leur handicap, car on ne les considère pas suffisamment dans la société », déplore-t-il.
Des interprètes nécessaires dans les services
Pour favoriser la participation des personnes sourdes aux activités communautaires, Songha Luzonga David estime nécessaire de mettre à leur disposition des interprètes en langue des signes.
Cette mesure permettrait, selon lui, de faciliter leur accès à l’information et leur participation à la vie communautaire.
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Le manque d’interprètes constitue également un obstacle dans plusieurs secteurs, notamment celui de la santé.
« Les personnes sourdes rencontrent plusieurs difficultés sur le plan sanitaire, compte tenu du manque d’interprètes qui peuvent faciliter la communication », souligne-t-il.
Selon lui, la présence d’interprètes dans les structures sanitaires permettrait aux personnes sourdes de mieux communiquer avec les prestataires de soins et de mieux comprendre les informations relatives à leur prise en charge.
L’accès à l’éducation reste un défi
Le secteur éducatif constitue également une préoccupation. Le coordinateur de la Communauté chrétienne des sourds de Bagira estime que certains enfants sourds ne disposent pas de possibilités suffisantes pour accéder à l’éducation.
Il rappelle que ces enfants ont, eux aussi, le droit d’apprendre à lire, à écrire, à calculer et à maîtriser la langue des signes.
« Si ces enfants n’ont pas la chance d’étudier, ils rencontreront toujours des difficultés », estime-t-il.
À Bukavu, il déplore notamment l’absence, selon lui, d’une école secondaire adaptée aux enfants sourds.
Il recommande également la formation des enseignants des établissements secondaires et universitaires à la langue des signes, afin de faciliter l’accès des personnes sourdes à l’éducation.
Des difficultés persistent dans l’emploi et l’accès à la justice
Songha Luzonga David relève également des difficultés dans le domaine professionnel. Selon lui, plusieurs entreprises n’offrent pas suffisamment d’opportunités aux personnes sourdes, alors que celles-ci sont capables de travailler au même titre que les autres membres de la société.
Il plaide également pour la présence d’interprètes en langue des signes dans les structures judiciaires, afin de permettre aux personnes sourdes de mieux comprendre les procédures et d’exercer pleinement leur droit d’accès à la justice.
Pour lui, l’inclusion ne devrait donc pas se limiter à la reconnaissance des droits, mais également se traduire par des mécanismes concrets permettant aux personnes sourdes de participer pleinement à la vie sociale.
Appel à l’application de la loi sur les personnes handicapées
Enfin, Songha Luzonga David appelle les autorités compétentes à veiller à la mise en application effective de la loi n°22/003 du 3 mai 2022 portant protection et promotion des droits de la personne avec handicap.
Il estime que l’existence de ce cadre légal constitue une avancée, mais que son application effective demeure essentielle pour garantir les droits des personnes vivant avec handicap et favoriser leur pleine inclusion dans la société.
À travers cette journée, les personnes sourdes de Bukavu rappellent ainsi que l’accès à l’éducation, aux soins, à l’emploi, à l’information et à la justice passe aussi par la reconnaissance de leurs besoins linguistiques et par la mise en place de moyens permettant leur participation effective à la société.
