La République démocratique du Congo et la Belgique amorcent une nouvelle phase de leur coopération scientifique et mémorielle. En visite officielle à Tervuren, la ministre congolaise de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie-Thérèse Sombo, a plaidé pour un partenariat fondé sur l’équité, la réciprocité et la souveraineté des données.
Au cœur des échanges avec le Directeur général du Musée royal de l’Afrique centrale, Bart Ouvry, la délégation congolaise a insisté sur la nécessité de redéfinir les bases d’une collaboration longtemps marquée par un déséquilibre historique.
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La ministre a souligné l’importance stratégique de cette institution belge, qui conserve une part significative des archives, collections et ressources documentaires liées à l’histoire et aux richesses naturelles de la RDC. Elle a ainsi appelé à une « réappropriation scientifique » permettant de transformer cet héritage en levier de développement moderne.
Parmi les priorités évoquées figure le renforcement de la mobilité académique. L’AfricaMuseum s’est engagé à intensifier les échanges au profit des chercheurs congolais, afin de favoriser un transfert effectif de compétences entre les institutions de Tervuren et les universités congolaises.
La question de la souveraineté numérique a également occupé une place centrale dans les discussions. La partie congolaise a insisté sur une gestion inclusive, transparente et équitable des données stratégiques, notamment les cartes minières, considérées comme essentielles pour le développement économique du pays.
Kinshasa entend ainsi garantir que ses institutions demeurent pleinement actrices de l’exploitation et de la valorisation de leurs propres ressources scientifiques.
La délégation a par ailleurs salué les réformes engagées par l’AfricaMuseum, qui évolue vers un modèle plus critique et ouvert, propice à la mise en œuvre de projets conjoints innovants.
Au-delà de la conservation du patrimoine, les deux parties affichent l’ambition de rendre les résultats de la recherche accessibles et utiles aux populations locales. L’objectif est de faire de cette coopération un véritable moteur pour le système éducatif et le développement socio-économique en RDC.
Cette rencontre pose ainsi les bases d’une diplomatie scientifique renouvelée entre Kinshasa et Bruxelles, où la recherche et l’innovation sont envisagées comme des outils dynamiques au service du développement durable.
