Le gouvernement des États-Unis a annoncé, jeudi 25 juin 2026, de nouvelles sanctions économiques contre une raffinerie d’or basée au Rwanda ainsi que plusieurs entreprises et responsables rwandais accusés de soutenir le commerce illicite des minerais provenant de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans un communiqué publié par le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département américain du Trésor, Washington affirme que ces sanctions visent un réseau qui travaillerait en coordination avec le Mouvement du 23 mars (M23), soutenu, selon les autorités américaines, par le Rwanda, afin de faire sortir clandestinement des minerais des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
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Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que les États-Unis ne permettront pas aux groupes armés de tirer profit du commerce illicite des ressources naturelles congolaises.
« Les richesses minières de la République démocratique du Congo appartiennent légitimement au peuple congolais. Nous continuerons à prendre des mesures décisives contre ceux qui facilitent la violence, l’exploitation et les attaques contre les Congolais », a-t-il affirmé.
Selon Washington, ces sanctions s’inscrivent dans la mise en œuvre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité, conclus le 4 décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine. Les autorités américaines estiment que le démantèlement des réseaux de contrebande constitue une étape essentielle pour instaurer une chaîne d’approvisionnement transparente dans le secteur des minerais stratégiques.
Le Département du Trésor affirme que le M23 exploite les ressources minières des territoires sous son contrôle afin de financer ses activités militaires, notamment par l’achat d’armes, le paiement de combattants et le maintien de ses opérations dans l’est de la RDC.
Selon les autorités américaines, une partie importante de l’or extrait dans les zones contrôlées par le M23 serait transférée vers le Rwanda avant d’être raffinée puis exportée vers les marchés internationaux.
Une raffinerie rwandaise au cœur des sanctions
Les sanctions visent principalement Gasabo Gold Refinery Ltd, une raffinerie d’or située à Kigali. Le Trésor américain accuse cette société d’avoir participé au raffinage d’or provenant de zones contrôlées par le M23 dans l’est de la RDC.
Le communiqué précise qu’au début de l’année 2026, au moins 60 kilogrammes d’or, représentant plusieurs millions de dollars, auraient été acheminés depuis les zones occupées vers cette raffinerie.
Outre Gasabo Gold Refinery, les États-Unis ont également sanctionné :
- Jean Malic Kalima, président du conseil d’administration de Gasabo Gold Refinery ;
- Bosco Kayobotsi, directeur général de la société ;
- les sociétés Bugambira Mines Ltd ;
- Wolfram Mining and Processing Ltd ;
- Rwinkwavu Mining Corporation Ltd.
Selon Washington, ces entreprises seraient contrôlées par Jean Malic Kalima et feraient partie du même réseau économique.
Les conséquences des sanctions
En vertu de ces mesures, tous les avoirs des personnes et entreprises sanctionnées relevant de la juridiction américaine sont gelés. Les citoyens et entreprises des États-Unis ne peuvent plus effectuer de transactions avec elles, sauf autorisation spécifique délivrée par l’OFAC.
Le Département du Trésor rappelle également que les institutions financières et les entreprises étrangères qui continueraient à réaliser certaines opérations avec les entités sanctionnées pourraient elles aussi s’exposer à des sanctions américaines.
Ces nouvelles mesures interviennent dans un contexte de pressions diplomatiques accrues exercées par Washington pour lutter contre le financement des groupes armés opérant dans l’est de la RDC et renforcer la transparence des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.
Jean-Luc M.
