L’ancien président de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT), Jean‑Guy Blaise Mayolas, a été condamné mardi à la réclusion criminelle à perpétuité pour le détournement d’environ 1,1 million de dollars de subventions de la FIFA.
Jugé par contumace alors qu’il demeure en fuite, l’ex-dirigeant sportif a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Brazzaville de plusieurs infractions, notamment blanchiment d’argent, faux, usage de faux et détournement de fonds publics.
Selon les conclusions du tribunal, la somme détournée inclut notamment une aide d’urgence de 500.000 dollars accordée par la FIFA pendant la pandémie de COVID‑19, destinée à soutenir le développement du football féminin.
Ces financements devaient servir à organiser des compétitions et à améliorer les infrastructures sportives. Toutefois, selon les enquêteurs, les projets annoncés n’ont jamais été réalisés, laissant de nombreuses joueuses sans soutien ni infrastructures adéquates.
La justice n’a pas épargné l’entourage de l’ancien dirigeant.
Son fils, Lionel Mayolas, a également été condamné à la prison à vie par contumace.
Deux autres responsables de la fédération ont été reconnus complices. Il s’agit de Badji Mombo Wantete, secrétaire général de la fédération et de Raoul Kanda, trésorier.
Ils ont chacun été condamnés à cinq ans de prison ferme.
Cette affaire intervient dans un contexte de turbulences institutionnelles au sein du football congolais.
En septembre 2024, l’ingérence du gouvernement dans la gestion de la fédération pour évincer Jean‑Guy Blaise Mayolas avait conduit la FIFA à suspendre la fédération congolaise. Cette décision avait contraint l’équipe nationale à déclarer forfait lors de deux matchs qualificatifs pour la Coupe du monde de football 2026.
Si la suspension a finalement été levée en mai dernier, l’instance mondiale du football a indiqué vouloir poursuivre l’audit des comptes de la fédération afin de garantir une gestion transparente des investissements destinés au développement du football dans le pays.
Cette condamnation est ainsi perçue comme un tournant dans les efforts de reddition de comptes et d’assainissement de la gouvernance du sport au Congo‑Brazzaville.
