Le gouvernement de l’Ouganda a officialisé une exemption de visa pour les citoyens de 40 pays partenaires, une mesure destinée à stimuler le commerce, le tourisme et les échanges régionaux. Cette réforme migratoire, qui autorise des séjours allant jusqu’à 90 jours, intervient dans un contexte diplomatique marqué par des tensions avec certaines puissances occidentales.
Dans un message publié sur la plateforme X, les autorités de Kampala ont indiqué que cette décision traduit leur volonté de renforcer la coopération Sud-Sud et les liens entre les peuples. Les voyageurs originaires des pays concernés pourront désormais entrer sur le territoire ougandais sans formalité de visa préalable, que ce soit pour des raisons touristiques ou professionnelles.
Lire aussi : Ouganda : Yoweri Museveni prend la tête de la Communauté de l’Afrique de l’Est
La liste des pays bénéficiaires accorde une place importante au continent africain, notamment aux États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est.
Parmi ces pays figurent notamment le Kenya, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et le Soudan du Sud.
L’exemption s’étend également à d’autres pays africains comme les Seychelles, Maurice, le Mozambique, la Zambie, le Botswana, le Ghana et la Sierra Leone.
Au-delà de l’Afrique, la mesure inclut aussi plusieurs destinations d’Asie et d’autres régions du monde, notamment Hong Kong, Singapour, les Émirats arabes unis, la Malaisie, Jamaïque et Fidji.
Ces pays sont considérés par Kampala comme des partenaires économiques et touristiques potentiels capables de contribuer à la croissance du secteur des voyages et des investissements.
À l’inverse, certains partenaires occidentaux restent soumis à l’obligation de visa, notamment les États‑Unis, les pays membres de l’Union européenne ainsi que le Royaume‑Uni.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions diplomatiques liées aux nouvelles restrictions de voyage imposées par Washington. Depuis le 21 janvier 2026, les autorités américaines exigent notamment des ressortissants ougandais une caution remboursable de 15.000 dollars pour l’obtention de certains visas de type B1/B2, avec une validité limitée à trois mois.
Parallèlement, le gouvernement ougandais a également réduit la liste des pays bénéficiant de facilités pour les passeports diplomatiques. Seuls douze États jugés stratégiques pour la coopération de haut niveau conservent ces privilèges.
Parmi eux figurent notamment la Russie, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Iran, la Turquie et le Vietnam.
À travers cette réforme, l’Ouganda affirme vouloir rééquilibrer ses alliances internationales, en privilégiant la coopération régionale et les partenariats stratégiques du Sud global, tout en réaffirmant sa souveraineté dans la gestion de sa politique migratoire.
