La grande salle du Collège Alfajiri s’est transformée, ce samedi 14 mars 2026, en véritable temple de la création artistique féminine. À l’occasion du premier gala du festival « Binti Shujaa », artistes venues de Bukavu et de Goma ont partagé la scène autour du thème « La scène est à elles », dans une atmosphère mêlant émotions, humour et célébration de la culture.
Dès 16 heures 30, les rideaux se sont levés sous les applaudissements du public. L’animatrice Kathia Amina a donné le coup d’envoi de ce festival consacré à la promotion de l’art féminin dans toute sa diversité. Chantres, slameuses, pianistes, musiciennes, comédiennes, danseuses et rappeurs se sont succédé sur scène pour offrir un spectacle riche et varié.
La soirée s’est ouverte avec la prestation du groupe de danse tradimoderne CAAC, dont les chorégraphies rythmées et les chants ont plongé la salle dans une ambiance chaleureuse. À travers leurs mouvements, les artistes ont invité le public à réfléchir sur la cohésion, l’amour, l’unité et le vivre-ensemble.
Le ton a ensuite changé avec Daniella, qui a apporté une touche d’humour en évoquant la passion d’une femme évoluant dans des métiers souvent considérés comme masculins. Son numéro a suscité rires et applaudissements, avant de céder la scène au Binti Music Band, chargé d’accompagner la suite du spectacle.

Parmi les moments marquants de la soirée figure la prestation de Juré Bintu, jeune chanteuse et guitariste dont la voix a su captiver l’audience. Dans ses paroles, elle a encouragé les filles et les femmes à se relever et croire en leurs capacités.
La fête s’est poursuivie avec Ash Esthy, qui a fait danser les amoureux de la culture présents dans la salle. Puis Christiane Aganze, connue sous le nom de scène Tianny, a pris le relais en interprétant notamment la célèbre chanson Loliwe de la regrettée artiste sud-africaine Zahara, ainsi que Mbongo du chanteur Pson. La scène a ensuite accueilli le slam engagé de l’artiste Nancy.
Dans la suite de la soirée, Raïssa Katara a amusé le public avec un numéro humoristique inspiré des catégories et mentalités des personnes durant leur enfance, avant d’annoncer la prestation de Irène Ziyiruka, porteuse du Festival.
Le public attendait particulièrement l’une des têtes d’affiche de la soirée, Maman Nyassa, qui a déclenché des éclats de rire grâce à ses adages et ses réflexions pleines d’esprit. Elle a été suivie par Prisca The Drunker, une artiste talentueuse de Goma qui a poursuivi l’animation artistique.
À travers ce premier gala du festival « Binti Shujaa », les femmes et jeunes filles artistes ont démontré l’étendue de leur créativité et de leur talent sur scène. Une initiative qui se veut aussi un espace d’expression et de valorisation de l’art féminin.
La semaine culturelle du festival se clôturera ce dimanche 15 mars 2026 lors d’un dernier gala prévu au Comedie Club Bukavu, où le droit d’entrée est fixé à 10 dollars américains.
