Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a fait de la lutte contre l’islamophobie une priorité majeure du droit international en nommant un Envoyé spécial dédié, Miguel Ángel Moratinos. Cette initiative vise à transformer la condamnation morale des actes d’intolérance en une stratégie diplomatique et législative concrète à l’échelle mondiale.
Depuis plusieurs années, Organisation des Nations Unies observe avec une inquiétude croissante la multiplication des idéologies extrémistes et des attaques visant les populations vulnérables. Pour le chef de l’ONU, l’islamophobie ne représente pas seulement une menace pour les musulmans, mais constitue également une violation flagrante de la Charte des Nations Unies.
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La réponse de l’institution s’est d’abord structurée autour de la campagne #NonÀLaHaine, lancée en 2019, visant à déconstruire les mécanismes du sectarisme et de la xénophobie, aussi bien en ligne que dans l’espace public.
Un tournant décisif a été amorcé en 2022, sous l’impulsion de Organisation de la coopération islamique, avec la création de la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie, célébrée chaque 15 mars. Cette journée rappelle que le terrorisme ne saurait être associé à aucune foi, religion ou civilisation.
En 2024, cette volonté s’est renforcée avec l’adoption d’une résolution historique par Assemblée générale des Nations Unies, exigeant des États membres la mise en place de mesures législatives fermes pour interdire l’incitation à la violence religieuse et la profanation des textes sacrés.
La nomination de Miguel Ángel Moratinos en mai 2025 marque une nouvelle étape. Déjà Haut Représentant pour Alliance des civilisations des Nations Unies, le diplomate espagnol cumule désormais ses fonctions afin de coordonner la riposte mondiale contre l’intolérance religieuse.
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Sa mission se veut universelle : il ne s’agit pas de privilégier un dogme, mais de garantir le droit fondamental de chaque individu à pratiquer sa foi sans crainte. En plaçant la cohésion sociale au cœur de son mandat, l’Envoyé spécial entend transformer les « murs d’incompréhension » en ponts de dialogue, rappelant que la lutte contre l’islamophobie est, par essence, une lutte pour la dignité humaine.
