Le président kényan William Ruto a défendu la création d’une structure de quarantaine destinée aux citoyens américains sur une base militaire au Kenya, alors que le projet fait face à une forte contestation locale et à une bataille judiciaire.
Face aux inquiétudes grandissantes de la population, le chef de l’État kényan a justifié devant la presse l’installation de cette structure sur la base aérienne de Laikipia, située dans le centre du pays. Selon lui, ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat sanitaire stratégique de longue date entre le Kenya et les États-Unis, notamment dans la lutte contre le VIH Sida, le COVID-19 et les grandes épidémies.
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Cette initiative intervient après une demande formulée par le président américain Donald Trump dans un contexte de vigilance accrue en Afrique de l’Est face à la propagation de la souche Bundibugyo du virus Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda. Cette épidémie, qualifiée d’urgence de santé publique de portée internationale par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a déjà fait 48 morts.
William Ruto a tenu à rassurer la population kényane en affirmant que cette installation ne représente pas une menace particulière.
« L’installation située sur la base aérienne de Laikipia n’est pas différente de toutes les autres structures que nous avons établies à travers le Kenya », a déclaré le président kényan.
Le chef de l’État a précisé que le Kenya dispose déjà de structures d’isolement et de surveillance dans 23 comtés. Selon lui, le centre de Nanyuki ne servira pas uniquement aux partenaires étrangers, mais également aux citoyens kényans, notamment ceux en mission en RDC.
Malgré ces explications, les inquiétudes persistent au sein de la population locale. Lundi, plusieurs habitants et responsables locaux de Nanyuki ont manifesté leur opposition au projet, craignant une éventuelle exposition de la communauté au virus Ebola.
Cette contestation intervient alors qu’une procédure judiciaire est en cours. La semaine dernière, un tribunal kényan a ordonné la suspension temporaire du projet, estimant que l’emplacement choisi pourrait représenter un risque pour la santé publique.
Interrogé sur cette décision judiciaire, William Ruto n’a pas évoqué directement l’ordonnance du tribunal, préférant insister sur la responsabilité de son gouvernement dans la gestion de la situation sanitaire.
« Nous sommes un gouvernement responsable. Nous savons ce que nous faisons », a-t-il affirmé.
Le président kényan a également indiqué que les contrôles sanitaires aux frontières ont été renforcés. Près de 3 000 personnes seraient examinées chaque jour, sans qu’aucun cas d’Ebola n’ait été détecté au Kenya jusqu’à présent.
Malgré les incertitudes entourant le projet, plusieurs indices laissent penser que sa mise en œuvre avance déjà sur le terrain. Le site spécialisé Flightradar24 a confirmé l’atterrissage d’un avion militaire américain C-130 à Nanyuki vendredi dernier. Des témoins locaux ont également signalé des mouvements d’appareils militaires vers la base au cours du week-end.
Ces éléments alimentent les spéculations autour de l’avancement des travaux malgré le bras de fer judiciaire toujours en cours.
Joseph Aciza
